Recherche

Articles les plus lus

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Jeudi 13 septembre 2007
Le soir du 6 juillet 2007, j'ai subi un retard d'une heure suite au dépôt de pierres sur la voie par des individus qui ont été arrêtés par la suite, selon les informations fournies par le contrôleur. Évidemment, je ne reçois aucune indemnisation : la SNCF n'est pas responsable. D'ailleurs, les responsables sont identifiés, arrêtés. Je pourrais me porter partie civile à leur procès. Mais c'est une démarche dans laquelle je ne me lancerai pas : il faudrait que je m’informe sur les procédures à respecter, sur la date de leur procès, que je me rende disponible au bon moment… Au final, je juge que le temps passé ne vaut pas les quelques euros que je pourrais récupérer.

Pourtant, mon agacement et mon sentiment d'injustice sont bien là. Pourquoi la SNCF ne m'indemnise-t-elle pas, elle qui peut se retourner contre les responsables ? On sent bien là une absence de culture de la responsabilité, et un certain fatalisme : « C’est comme ça, nous ne pouvons rien y faire, et nous ne sommes pas responsables ».

Bien sûr, je pourrais tenter de prendre une assurance pour me couvrir, mais il est probable que si une compagnie proposait directement un contrat me garantissant une indemnisation dans ce genre de situations, je voyagerais avec elle. Cependant, la SNCF est aujourd’hui la seule à proposer le transport ferroviaire pour le trajet emprunté. Reste à espérer que les choses changent : depuis 1997 (d’après le document « Indemnisation en cas de retard dans les transports ferroviaires et aériens » de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports - FNAUT), les voyageurs sont indemnisés de 30% du prix du billet en bon d’achat lors d’un retard de plus d’une demi-heure imputable à la SNCF ; avant, c’était zéro dans tous les cas. Les conditions d’indemnisation évolueront peut-être.

Dans un prochain article, je creuserai la question du monopole légal de la SNCF : entre la concurrence façon Commission Européenne, dont les dates d’application fluctuent, et les accords ponctuels accordés à des entreprises privées, cette question mérite une analyse.

 

par Matthieu publié dans : Transport communauté : L'Avis des Eclectiques
commentaires (2)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Mardi 4 septembre 2007

Dans un précédent article, j’ai abordé la question de la filiation dans le mariage. Considérons à présent les possibilités qu’ont les couples homosexuels d’avoir des enfants.

La première possibilité est de nouer une relation hétérosexuelle dans l’unique but de procréer, et sans projet de vie de couple. Bien qu’assez difficile à mettre en pratique, parce qu’elle nécessite un accord clair entre deux à quatre personnes directement impliquées, elle est accessible aujourd’hui. Elle pose cependant quelques problèmes juridiques, autour de l’autorité parentale notamment. Les solutions passent vraisemblablement par l’adoption.

Rappelons qu’aujourd’hui, un célibataire a le droit d’adopter (article 343-1 du Code Civil : « L'adoption peut être aussi demandée par toute personne âgée de plus de vingt-huit ans. (…) » [1]).

Or, les discriminations basées sur l’orientation sexuelle sont interdites.

Légalement, un(e) homosexuel(le) peut donc adopter.

C’est donc principalement un changement de regard qui serait nécessaire, plus qu’un changement légal. C’est contre les discriminations implicites des personnes qui encadrent les adoptions qu’il faudrait lutter.

Pourtant, certaines modifications légales pourraient simplifier les démarches des couples. Par exemple, lorsqu’un enfant ne dispose que d’un seul parent ou tuteur légal, celui-ci ne peut le faire adopter par son conjoint de même sexe et partager l’autorité parentale. En l’état actuel, la seule restriction du Code Civil se situe à l’article 346 : « Nul ne peut être adopté par plusieurs personnes si ce n'est par deux époux. (…) » [2]. L’ouverture du mariage aux couples homosexuels lèverait donc clairement cette impossibilité.

Cependant, dans tous les cas, l’adoption est difficile : il y a peu d’enfants, pour de nombreux couples demandeurs. Par ailleurs, la plupart des enfants à adopter viennent de l’étranger, et certains pays refusent que l’enfant soit adopté par un couple homosexuel.

L’ouverture aux couples homosexuels de l’accès au droit d’adopter pourrait donc se révéler très décevante pour ceux-ci : après l’espoir né de cette ouverture, il y aurait la déception face aux grandes difficultés rencontrées pour parvenir à l’adoption.

La question d’autres moyens d’avoir des enfants risquerait alors de se poser très rapidement.
 

Pour les couples de lesbiennes, une solution assez simple pour avoir des enfants est d’avoir recours à la procréation médicalement assistée, notamment via l’insémination artificielle. Cela pose cependant problème : aujourd’hui, ces techniques sont réservées aux couples hétérosexuels infertiles [3]. Un argument avancé par ceux qui s’opposent à leur usage pour des couples inféconds en raison de leur composition homosexuelle est qu’il s’agirait de « médecine de convenance ». Pourtant, la différence est bien faible quand on l’analyse : la « nature » s’oppose tout autant à ce qu’un couple hétérosexuel infécond ait des enfants qu’à ce qu’un couple homosexuel en ait. Ne s’agit-il pas de « convenance » dans les deux cas ?

La distinction cherche peut-être aussi à masquer les véritables raisons de cette opposition : l’idée que l’enfant ne peut être élevé par un couple homosexuel, qu’il « a besoin d’un père et d’une mère ». On peut alors se demander pourquoi les célibataires peuvent adopter. Au fond, ce qui importe peut-être, c’est que l’enfant ait des référents masculins et féminins dans son entourage. Ce ne seront pas nécessairement ses parents. Certaines études prétendent montrer qu'il n'y a pas de différences chez les enfants selon qu’ils sont élevés pas un couple homo ou hétéro. Cependant, elles sont contestables : on peut, en présentant les choses autrement, trouver des différences. En tous les cas, aucune étude n'a travaillé sur un échantillon suffisant pour pouvoir proposer une réponse tranchée. Ainsi, on peut faire dire ce que l’on veut à ces études, qui font donc l’objet d’une utilisation militante, entachée de parti pris.

La question que l’on peut pourtant se poser est : la diversité est-elle un ennemi ? Imaginons que des différences dues aux sexes des parents puissent effectivement apparaître. Plus sensibles, plus tolérants, plus craintifs, plus méfiants, plus ouverts à l’amour homosexuel, plus réservés, que sais-je ? Cela ne constituerait pas nécessairement un problème : tout défaut à un certain âge peut se muer en qualité, et c’est de la diversité des identités que naît la richesse des échanges humains. Pourquoi interdire ce prétendu « risque de différence » a priori ?
 

La filiation pour les couples homosexuels masculins pose la question, plus difficile, des mères porteuses. Cette pratique est autorisée aux Etats-Unis, en Israël et en Géorgie, par exemple. En France, la gestation pour autrui est interdite car assimilée à de la vente de bébés. Cette expression est troublante : il est inenvisageable de « vendre » un être humain. Tout simplement parce que l’on ne peut en être propriétaire. Ce qui est vendu, c’est le fait de renoncer à être reconnu comme parent de l’enfant, et, éventuellement, de transmettre ce droit à un(e) autre. Certaines femmes sont d’ailleurs prêtes à louer leurs services, malgré l’interdiction [4]. On ne peut interdire aux individus de disposer librement de leur corps. Il s’agit de proposer des « services », qu’on pourra considérer comme un peu particuliers, en consentant totalement à le faire. Ce qui pose problème cependant, c’est que cela revient malgré tout à « transmettre » un bébé. Mais étant donné que l’on accepte le processus d’abandon/adoption, qu’oppose-t-on à cette pratique ?

Un autre problème est la possibilité d’abus ou d’exploitation. Alors, si l’on porte atteinte à la liberté des mères porteuses, il faudra condamner sévèrement les responsables. Mais, dans ce cas, c’est bien contre eux qu’il faut concentrer les efforts, et non contre la pratique elle-même. La sécurité des mères-porteuses sera d’ailleurs moins difficile à assurer si cette pratique est légale que si elle reste illégale : il leur sera moins difficile de porter plainte. Elles pourront subir des pressions pour les en dissuader, mais elles pourront aussi profiter de la protection des forces de l’ordre, ce dont elles sont, d’une certaine façon, privées aujourd’hui. Cela pose des problèmes d’organisation, parce qu’il est difficile de lutter contre d’éventuels réseaux internationaux. Mais cela ne doit pas impliquer nécessairement de renoncer à cette possibilité, offerte par l’accord entre une femme d’une part, et un homme, une femme ou un couple d’autre part, autour de la conception d’un être qui pourra recevoir l’amour de parents qui auront désiré sa naissance.

Ces réflexions doivent nous aider à définir les modalités d’une éventuelle autorisation, en ayant conscience des problèmes posés. Il s’agit aussi de se poser la question de ce qui est acceptable ou non, moralement. Cette dernière question doit selon moi être résolue le plus souvent possible en laissant la liberté à chacun d’agir, pour ce qui le concerne, selon ses principes, tant qu’il n’impose pas aux autres de renoncer aux leurs, et qu’il accepte de porter la responsabilité des conséquences de ses actes.



[1] Code Civil, Livre Ier « Des personnes », Titre VIII « De la filiation adoptive », Chapitre Ier « De l’adoption plénière », Section 1 « Des conditions requises pour l’adoption plénière » - consultable sur le site Légifrance.

[2] cf. note 1.

[3] Code de la Santé Publique, Deuxième partie « Santé de la famille, de la mère et de l'enfant », Livre Ier « Protection et promotion de la santé maternelle et infantile », Titre IV « Assistance médicale à la procréation », Chapitre Ier « Dispositions générales », Article L2141-2 :

« L'assistance médicale à la procréation est destinée à répondre à la demande parentale d'un couple.
Elle a pour objet de remédier à l'infertilité dont le caractère pathologique a été médicalement diagnostiqué ou d'éviter la transmission à l'enfant ou à un membre du couple d'une maladie d'une particulière gravité.
L'homme et la femme formant le couple doivent être vivants, en âge de procréer, mariés ou en mesure d'apporter la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans et consentant préalablement au transfert des embryons ou à l'insémination. (…) ».

[4] L'Express du 15/09/2005 : « Mères porteuses, le marché clandestin », par Anne Vidalie.


par Matthieu publié dans : Famille communauté : Ouvrez-vous
commentaires (0)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Lundi 27 août 2007

Aux côtés de la TVA sociale, le gouvernement français envisage d’introduire le principe de franchises dans le fonctionnement de l’assurance maladie obligatoire : sur une période donnée, une certaine somme ne serait pas remboursée. Au-delà, tous les soins seraient pris en charge. Encore une réforme à la marge de l’assurance maladie, qui ne change pas son fondement même, et qui ne changera donc vraisemblablement pas son déficit chronique. Etudions un peu l’effet de ces franchises.

Contrairement à ce qui est affirmé, cette franchise globale ne responsabilise pas : une fois atteinte, il n'y a plus de limite. Ainsi, chacun va hésiter face aux petits soins, et attendre d'avoir de grosses dépenses à faire pour que cela soit "rentable". Pas très bon pour la santé... Par ailleurs, ce seront les plus économes qui seront pénalisés : ceux qui consultent très peu leur médecin et utilisent peu de médicaments, devront payer l’intégralité de leurs dépenses de santé de leur poche, tout en cotisant, puisque c’est obligatoire.

Par ailleurs, il semblerait que l’on s’oriente vers une franchise dépendant du revenu. Étant donné que les cotisations dépendent déjà du revenu, on peut alors se poser, avec Sabine Herold, la question de la justice du principe "plus je paye, moins je suis remboursé".

Pour plus d’efficacité, plus de clarté, mais aussi plus de justice, c’est le caractère monopolistique de l’assurance maladie qu’il conviendrait de remettre en question. Sur un marché libre, chacun serait récompensé pour ses efforts, pour les mesures de prévention qu’il accepterait de prendre, pour la modération dans sa consommation de soins accessoires. Le déficit de l’assurance-maladie découle de l’irresponsabilité qui la fonde, comme le souligne Jean-Louis Caccomo dans une de ses chroniques. Mais une remise en question de ce monopole ne semble pas être à l’ordre du jour…

 

par Matthieu publié dans : Santé communauté : Ouvrez-vous
commentaires (1)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Dimanche 19 août 2007

On a l’habitude de se féliciter d’une forte participation aux élections, et de s’alarmer lorsqu’elle baisse. Ainsi, la participation d’environ 85% des inscrits à l’élection présidentielle a contrasté avec les 60% des législatives qui ont suivi.

Le ressort de telles différences est pourtant évident : il s’agit de la perception de l’enjeu.

Ce qui mobilise, c'est la perception d'un enjeu important, voire d'un risque. Comme les législatives étaient la conséquence de la présidentielle, ce que je regrette, elles ont moins mobilisé. La présidentielle était perçue, à juste titre me semble-t-il, comme le moment d’un choix d’une extrême importance pour de nombreuses années à venir. Mais est-il bien sain de décider à un instant donné de la manière dont sera gouverné le pays pour cinq ans, sans aucun scrutin national intermédiaire ? En 2002, les Français n’ont pas perçu ce nouvel enjeu issu de la réforme du quinquennat. Ils n’ont pas perçu qu’ils laissaient pendant cinq ans les rênes d’un exécutif fort doublé d’un pouvoir législatif vassalisé entre les mêmes mains. En 2007, ils avaient conscience de cet enjeu. En cela, cette participation exceptionnelle a donc quelque chose de malsain.

Arrêtons de nous réjouir sans chercher les causes. Avec une élection tous les 15 ans, la participation serait encore plus importante. Serait-ce préférable ?

D’ailleurs, s’il est important de s'intéresser à la politique, ne serait-ce que pour éviter qu’elle ne finisse par nous contraindre totalement, est-il normal d'en faire un enjeu si important ? Cette importance est liée à la place de l’Etat dans nos vies quotidiennes. Pourtant, le meilleur moyen de « changer sa vie » reste d’agir soi-même, plutôt que d’attendre un changement venu d’en haut.

« Les Français ne veulent plus que l’on décide à leur place » s’écriait Nicolas Sarkozy le jour de son investiture en tant que Présidence de la République , le 16 mai 2007. Il faisait par là référence à cette fameuse participation. Pourtant, une élection ne consiste-t-elle pas à déléguer son pouvoir, à laisser un autre individu agir pour soi-même ? Non, en allant voter pour des candidats dirigistes, les Français n’ont pas réclamé le pouvoir de décider pour eux-mêmes. Ils ont demandé qu’un autre décide à leur place. Pour le meilleur comme pour le pire.


par Matthieu publié dans : Institutions communauté : Ouvrez-vous
commentaires (0)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Lundi 13 août 2007

Contrairement à ce qu’il m’est arrivé de lire, la recherche d’une meilleure productivité et l’innovation ne sont pas incompatibles. Mieux : ils vont de pair. La recherche d’un profit plus important pousse à innover, à progresser.

En appliquant le principe "pollueur-payeur", et, éventuellement, dans les cas où l’application de ce principe n’est pas réalisable en l’état, en mettant en place des quotas échangeables (d'émission de CO2, par exemple), il devient plus rentable de produire "propre", et donc, tout naturellement, les entreprises non polluantes sont favorisées, et les autres sont amenées à suivre, ou à disparaître.

L’avantage de cette approche par rapport à la taxation, ou à la réglementation, c’est que les producteurs s’adaptent au coût réel des dommages écologiques. Chacun doit évaluer les conséquences de ses actes, puisqu’il en sera responsable, alors qu’une taxe, au contraire, déresponsabilise (« j’ai payé, je n’ai plus à faire d’efforts »).
Ce type de réforme devra faire face aux lobbys des industriels installés, qui voient, très logiquement, toute remise en question du cadre règlementaire d’un mauvais œil. Une demande de compensations, pour s’adapter aux nouvelles conditions, devrait apparaître. Cependant, ces compensations présentent le risque important d’être autant de nouvelles interventions étatiques, et de freins au changement, puisqu’elles ralentiront le développement de nouvelles sociétés, plus respectueuses de l’environnement.

 

par Matthieu publié dans : Environnement communauté : Les libéraux français
commentaires (0)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus