Recherche

Articles les plus lus

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Mercredi 8 août 2007

Au cours d’un entretien avec Michel Onfray pour Philosophie magazine (paru dans le numéro 8 de mars 2007 ; un extrait est reproduit ici), Nicolas Sarkozy affirme qu’il « incline à penser que l'on naît pédophile ». Pour se justifier, il dit qu'il est « né hétérosexuel » (interview sur Libération.fr, le 12 avril 2007 ; dans cette interview, il prétend avoir dit qu’il y avait une part d’acquis et une part d’inné ; vous pourrez vérifier par vous-même que ce n’est en tout cas pas le cas dans ce qu’a reproduit Philosophie magazine, et qui n’a, à ma connaissance, pas été explicitement contesté). La formule est tranchée : elle s’applique à tous les pédophiles, et laisse entendre que l'environnement n'a aucune influence. Or il est clair que les préférences sexuelles ne sont pas uniquement déterminées par la génétique. Entre deux jumeaux monozygotes (« vrais jumeaux » : ayant le même patrimoine génétique), l’un peut être homosexuel et l’autre hétérosexuel, par exemple. Ce n’est pas parce que ce n’est pas un choix que c’est génétique.

La conception du « tout inné » présente des risques, puisqu’elle peut mener à des politiques de prévention obligatoire. Or, si le pédophile est celui qui est sexuellement attiré par les enfants, il ne passe pas forcément à l'acte. C'est là que réside sa responsabilité, son libre arbitre. Et le pédophile n'est pas condamnable s'il n'est pas passé à l'acte : on ne peut pas condamner quelqu'un pour ses désirs, pour ses pensées. Les passions peuvent être déterminées par la biologie, l'environnement. Mais c'est dans le libre arbitre que se situe la dignité de l'homme ; le nier, c'est lui retirer sa dignité.

Ce que je redoute, c'est une obligation de soin a priori. S'il sait contrôler ses pulsions, le pédophile doit être autorisé à vivre avec. Il doit aussi pouvoir choisir les moyens qu’il emploie s’il souhaite recourir à une assistance pour se contrôler. Il n’est évidemment pas question d’une politique de prévention obligatoire aujourd’hui ; mais cette idée se diffuse, et il convient de lutter contre elle avant que quelqu’un décide de l’appliquer. C'est pour moi une règle essentielle pour éviter d'abuser de la puissance publique que d'interdire toute restriction de liberté en l'absence d'acte portant atteinte aux droits d’autrui.

 

par Matthieu publié dans : Sécurité communauté : Ouvrez-vous
commentaires (0)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Vendredi 3 août 2007

Face à la confusion des lignes entre le PS et l'UMP, conséquence de la politique de recrutement de Nicolas Sarkozy au PS, il est possible que la traditionnelle séparation droite/gauche perde peu à peu son sens. Une nouvelle séparation politique pourrait arriver au premier plan (« gauche » et « droite » ne seraient alors que des nuances). Il s'agirait de distinguer les collectivistes des défenseurs de la liberté individuelle.

Le MoDem, s'il continue à s’appuyer principalement sur l'idée d'un mélange de la droite et de la gauche, risque de voir son avenir bouché. Le PS, lui, risque de sortir très affaibli après les prélèvements effectués par l'UMP.

Alors, les libéraux vont apparaître comme l'alternative à cette gestion autoritaire du pays, où les décisions viennent d’en-haut. Le Nouveau Centre pourrait tirer son épingle du jeu, s'il rompait ses liens avec l'UMP. Bien mieux positionnée stratégiquement, et avec un nom qui prend ici tout son sens, Alternative Libérale a une carte maîtresse à jouer, mais il lui faut pour réussir acquérir une notoriété puissante dans l'opinion.

Le paysage politique se modifie. Espérons que cette recomposition sera à la hauteur des attentes.

par Matthieu publié dans : Paysage politique communauté : Ouvrez-vous
commentaires (0)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Dimanche 29 juillet 2007

Les élections législatives de 2007 étaient le premier scrutin pour Alternative Libérale, parti fondé en mars 2006. Première confrontation à l’électorat, avec comme programme l’application d’un libéralisme « grand angle ».

7232 électeurs (entre 0,2% et 1,5% des votes exprimés pour chacun des 40 candidats référencés) ont choisi un candidat AL, selon les résultats fournis par www.lefigaro.fr. Plutôt décevant à première vue. Il faut cependant avoir conscience du fait que ce parti n’a qu’un an, et qu’il sort de terre : il n’a pas été créé par des « anciens » d’un autre parti. Sa notoriété est donc totalement à construire.

On ne construit pas un parti en un an, mais plutôt en dix. Surtout avec des idées aussi mal connues que le sont les idées libérales en France. Il faut donc s’armer de patience, et garder espoir. Contribuer, aussi, à cette construction, nécessaire, d’un parti libéral en France.

Cette élection aura permis de commencer à faire connaître AL.
Parmi les raisons de ce faible score, il y a d’abord la vague UMP du premier tour : on peut noter que le FN, qui faisait lui aussi une campagne en se présentant comme un aiguillon pour la majorité, avec d'autres idées, a obtenu des résultats bien plus faibles que ceux qu'il espérait. S’y ajoute, pour AL, une certaine méfiance des électeurs vis-à-vis des nouveaux partis.

Par ailleurs, ces électeurs qui ont choisi d’apporter leur soutien aux candidats d’AL ont eu la chance de pouvoir le faire, et ils l’ont saisie ; certains autres, dont je suis, n’ont pu le faire, faute de candidat dans leur circonscription : il était impensable de trouver 1154 personnes (candidats + suppléants) pour se présenter.
Je tiens à féliciter l'ensemble des candidats, et l'équipe "support", pour leur courage à défendre le libéralisme, pour leur disponibilité, pour l’ensemble des ressources qu’ils ont mis au service de ce combat.
Bravo aussi à tous ceux qui ont construit ce parti depuis plus d'un an.
C'est une belle aventure, qui ne fait que commencer.

 

par Matthieu publié dans : Paysage politique communauté : Les libéraux français
commentaires (0)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Mardi 24 juillet 2007

L'intérêt d'un homme politique est de rendre indolores les mauvaises mesures qu'il prend, en donnant l'impression que d'autres sont responsables de la dégradation de la situation. Pour cela, il peut s'employer à brouiller les cartes, à faire perdre le sens des choses. J'ai déjà évoqué ce fait au sujet du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu. Voilà la même idée à l'oeuvre avec le projet d'une "TVA sociale".

De quoi s'agit-il ? De financer les assurances sociales par une taxe sur la consommation. Aujourd'hui, ces assurances sont financées par des prélèvements sur le salaire. En échange, le salarié bénéficie de prestations. Cependant, au fil des ans, on a ouvert l'accès à ces prestations à des gens qui ne cotisaient pas. Puis les revenus du capital ont aussi été taxés (CSG, RDS), sans justification en termes de services rendus. Aujourd'hui, on veut donc trouver des ressources du côté des consommateurs. On pourrait dire que cela permet de faire contribuer certains bénéficiaires qui ne cotisent pas aujourd’hui ; mais, en multipliant les sources, cela détruit plus encore la lisibilité du financement de notre système d’assurances et de solidarités obligatoires. Chacun saura un peu moins ce qu’il a payé (il lui faudrait ajouter cotisations salariales et patronales sur son salaire, CSG et RDS sur ses revenus de capitaux, TVA sociale sur ses achats) ; il lui sera alors bien difficile de juger si le système est efficace, si les services rendus valent le prix payé.

En tout cas, une chose est certaine, ces démarches s'inscrivent dans une logique de maintien du monopole de ces assurances : alors que l’on peut imaginer verser ses cotisations sociales sur les revenus à l’organisme d’assurance ou de solidarité de son choix, il sera impossible de faire ce choix avec cette TVA. Pourquoi est-il interdit de choisir une autre façon de protéger sa santé, de prévoir sa retraite, de prendre soin de sa famille ? Pourquoi ne peut-on disposer du fruit de son propre travail ? Remettre en cause l'organisation actuelle implique de se poser des questions pratiques ; ce n'est pas l'objet de cet article, mais je me sens proche des propositions d’Alternative Libérale en la matière.

En tout cas, ce projet de TVA sociale, bien loin d'être une réforme audacieuse, est un moyen de perpétuer le système existant, dirigiste et qui a fait la preuve de son injustice et de son inefficacité.

 

par Matthieu publié dans : Prélèvements obligatoires communauté : Ouvrez-vous
commentaires (1)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Vendredi 20 juillet 2007

Je termine cette série d’articles sur la valeur monétaire de la biodiversité (article précédent - premier article).

Partie III : « Combien êtes-vous prêt à payer pour les services rendus par les écosystèmes de la planète ? »

L’équipe de Robert Costanza a publié en 1997, dans la revue Nature, un article visant à donner une évaluation monétaire des services rendus à l’humanité par les écosystèmes de la planète, en se basant sur des études partielles effectuées antérieurement, et en y ajoutant quelques calculs nouveaux.

Pour ce faire, ils ont étudié 16 types d’écosystèmes (de la haute mer à la ville), et 17 types de services : la régulation des gaz, du climat, de l’eau, la capacité de résilience, l’offre d’eau, le contrôle de l’érosion, la formation des sols, le cycle des nutriments, le traitement des déchets, la pollinisation, le contrôle biologique, l’habitat des espèces, la production de nourriture, les matériaux bruts, les ressources génétiques, le divertissement, la fonction de support de culture.

Ils soulignent bien l’impossibilité de donner un prix aux écosystèmes par eux-mêmes : sans eux, il n’y aurait pas de vie sur Terre, leur valeur est donc infinie. En fait, on considère la variation de bien-être correspondant à une variation du service rendu.

Les méthodes d’évaluation utilisées sont principalement basées sur le CAP d’échantillons de populations concernées. Toutes ces estimations sont converties en dollars US par hectare et par an (US$/ha/an) en utilisant notamment l’indice des prix à la consommation des Etats-Unis. Certaines valeurs ont été converties en utilisant le ratio du PIB par habitant à parités de pouvoir d’achat du pays d’origine comparé à celui des Etats-Unis, pour compenser les effets des différences de revenu. De préférence, ils ont utilisé des intervalles pour estimer les valeurs, en relevant les estimations les plus faibles et les plus élevées relevées dans la littérature, ainsi que des valeurs moyennes.

Ces calculs conduisent à une valeur annuelle des services rendus par les écosystèmes de la planète comprise entre 16 et 54 mille milliards de dollars US, avec une moyenne de 33000 milliards, à comparer à un PNB mondial de 18000 milliards de dollars US par an (d’après l’article).

Ce chiffre s’appuie sur l’ensemble des études existantes, et l’article met en évidence certains domaines où les informations manquent. Pour cette raison, cette estimation est considérée comme minimale : les données supplémentaires mettront en évidence d’autres services. Par ailleurs, la dégradation des écosystèmes conduira à l’augmentation de leur valeur, sous l’effet de la rareté.

Conclusion

En soi, parce qu’elle est la condition nécessaire à la vie sur Terre, la valeur de la biodiversité est infinie. Cependant, il est nécessaire, pour faire des choix, d’évaluer la valeur marginale des services qu’elle offre à l’homme, de manière directe ou indirecte, dans le présent ou dans l’avenir.

Il existe de nombreuses méthodes d’évaluation de ces services rendus, chacune étant plus ou moins adaptée aux différentes composantes de la valeur de la biodiversité. Cependant, toutes se heurtent à des difficultés liées au manque de connaissances (on ne connaît pas tous les services que nous procurera la biodiversité à l’avenir) et au manque d’information du public (ce qui perturbe les signaux économiques qu’il peut envoyer).

Malgré ces limites, on sait d’ores et déjà que la valeur monétaire des services issus de la biodiversité n’est absolument pas négligeable : elle pourrait être bien supérieure au PNB mondial.

Ces études donnent donc des pistes pour estimer la valeur monétaire de la biodiversité. Je ne pense pas qu’une administration centralisée, qui se baserait sur ce type d’expertises pour évaluer la valeur des écosystèmes, serait à même de « gérer » ce bien qu’est l’environnement. Au contraire, c’est en rendant responsable chaque acteur des conséquences de ses actes que l’on peut espérer optimiser la préservation de l’environnement. Cette approche consiste à donner la possibilité à chacun de demander réparation pour toute dégradation de son environnement à celui qui en est responsable. Ces méthodes d’évaluation, entre autres, peuvent alors permettre d’estimer le montant des indemnisations. Elles peuvent surtout aider à former des arrangements entre individus, avant d’en arriver à une situation conflictuelle : certains peuvent autoriser une dégradation de leur environnement en échange d’une compensation, avant que la dégradation ait lieu, et sans procès.

Sur l’organisation nécessaire au respect des autres à travers l’environnement, je compte publier un article plus détaillé. Dans l’intervalle, n’hésitez pas à me livrer vos réflexions.

 

Bibliographie

Ouvrages utilisés :

Aubertin Catherine, Vivien Franck-Dominique, Les Enjeux de la biodiversité, Economica, 1998 ; chapitre IV, partie 2, pages 69 à 79 : « L’évaluation économique de la biodiversité ».

Beaumais Olivier, Chinoleu-Assouline Mireille, Economie de l’environnement, Bréal, 2001 ; pages 47 à 77 : « Les méthodes de monétarisation des effets externes ».

Costanza Robert et al., « The value of the world’s ecosystem services and natural capital », in Nature, 1997, vol. 387, 15 mai 1997, pages 253 à 260.

Lescuyer Guillaume, « Evaluation économique de la biodiversité : forces et faiblesse », présentation d’avril 2003, disponible sur http://www.iepf.org.

Autres ouvrages d’intérêt :

Boisvert Valérie, Vivien Franck-Dominique, « Les ONG dans le champ de la biodiversité : une perspective économique », in ONG et biodiversité, coordination Aubertin Catherine, IRD Editions, 2005, pages 123 à 144.

Khazri Olfa, Pierre Lasserre, « L’état vierge : un support de la mesure de la biodiversité », in Vertigo, vol. 5, n°3, décembre 2004.

 

par Matthieu publié dans : Environnement communauté : Ouvrez-vous
commentaires (0)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus