Lundi 13 août 2007

Contrairement à ce qu’il m’est arrivé de lire, la recherche d’une meilleure productivité et l’innovation ne sont pas incompatibles. Mieux : ils vont de pair. La recherche d’un profit plus important pousse à innover, à progresser.

En appliquant le principe "pollueur-payeur", et, éventuellement, dans les cas où l’application de ce principe n’est pas réalisable en l’état, en mettant en place des quotas échangeables (d'émission de CO2, par exemple), il devient plus rentable de produire "propre", et donc, tout naturellement, les entreprises non polluantes sont favorisées, et les autres sont amenées à suivre, ou à disparaître.

L’avantage de cette approche par rapport à la taxation, ou à la réglementation, c’est que les producteurs s’adaptent au coût réel des dommages écologiques. Chacun doit évaluer les conséquences de ses actes, puisqu’il en sera responsable, alors qu’une taxe, au contraire, déresponsabilise (« j’ai payé, je n’ai plus à faire d’efforts »).
Ce type de réforme devra faire face aux lobbys des industriels installés, qui voient, très logiquement, toute remise en question du cadre règlementaire d’un mauvais œil. Une demande de compensations, pour s’adapter aux nouvelles conditions, devrait apparaître. Cependant, ces compensations présentent le risque important d’être autant de nouvelles interventions étatiques, et de freins au changement, puisqu’elles ralentiront le développement de nouvelles sociétés, plus respectueuses de l’environnement.

 

Par Matthieu - Publié dans : Environnement - Communauté : Les libéraux français
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Mercredi 8 août 2007

Au cours d’un entretien avec Michel Onfray pour Philosophie magazine (paru dans le numéro 8 de mars 2007 ; un extrait est reproduit ici), Nicolas Sarkozy affirme qu’il « incline à penser que l'on naît pédophile ». Pour se justifier, il dit qu'il est « né hétérosexuel » (interview sur Libération.fr, le 12 avril 2007 ; dans cette interview, il prétend avoir dit qu’il y avait une part d’acquis et une part d’inné ; vous pourrez vérifier par vous-même que ce n’est en tout cas pas le cas dans ce qu’a reproduit Philosophie magazine, et qui n’a, à ma connaissance, pas été explicitement contesté). La formule est tranchée : elle s’applique à tous les pédophiles, et laisse entendre que l'environnement n'a aucune influence. Or il est clair que les préférences sexuelles ne sont pas uniquement déterminées par la génétique. Entre deux jumeaux monozygotes (« vrais jumeaux » : ayant le même patrimoine génétique), l’un peut être homosexuel et l’autre hétérosexuel, par exemple. Ce n’est pas parce que ce n’est pas un choix que c’est génétique.

La conception du « tout inné » présente des risques, puisqu’elle peut mener à des politiques de prévention obligatoire. Or, si le pédophile est celui qui est sexuellement attiré par les enfants, il ne passe pas forcément à l'acte. C'est là que réside sa responsabilité, son libre arbitre. Et le pédophile n'est pas condamnable s'il n'est pas passé à l'acte : on ne peut pas condamner quelqu'un pour ses désirs, pour ses pensées. Les passions peuvent être déterminées par la biologie, l'environnement. Mais c'est dans le libre arbitre que se situe la dignité de l'homme ; le nier, c'est lui retirer sa dignité.

Ce que je redoute, c'est une obligation de soin a priori. S'il sait contrôler ses pulsions, le pédophile doit être autorisé à vivre avec. Il doit aussi pouvoir choisir les moyens qu’il emploie s’il souhaite recourir à une assistance pour se contrôler. Il n’est évidemment pas question d’une politique de prévention obligatoire aujourd’hui ; mais cette idée se diffuse, et il convient de lutter contre elle avant que quelqu’un décide de l’appliquer. C'est pour moi une règle essentielle pour éviter d'abuser de la puissance publique que d'interdire toute restriction de liberté en l'absence d'acte portant atteinte aux droits d’autrui.

 

Par Matthieu - Publié dans : Sécurité - Communauté : Ouvrez-vous
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Vendredi 3 août 2007

Face à la confusion des lignes entre le PS et l'UMP, conséquence de la politique de recrutement de Nicolas Sarkozy au PS, il est possible que la traditionnelle séparation droite/gauche perde peu à peu son sens. Une nouvelle séparation politique pourrait arriver au premier plan (« gauche » et « droite » ne seraient alors que des nuances). Il s'agirait de distinguer les collectivistes des défenseurs de la liberté individuelle.

Le MoDem, s'il continue à s’appuyer principalement sur l'idée d'un mélange de la droite et de la gauche, risque de voir son avenir bouché. Le PS, lui, risque de sortir très affaibli après les prélèvements effectués par l'UMP.

Alors, les libéraux vont apparaître comme l'alternative à cette gestion autoritaire du pays, où les décisions viennent d’en-haut. Le Nouveau Centre pourrait tirer son épingle du jeu, s'il rompait ses liens avec l'UMP. Bien mieux positionnée stratégiquement, et avec un nom qui prend ici tout son sens, Alternative Libérale a une carte maîtresse à jouer, mais il lui faut pour réussir acquérir une notoriété puissante dans l'opinion.

Le paysage politique se modifie. Espérons que cette recomposition sera à la hauteur des attentes.

Par Matthieu - Publié dans : Paysage politique - Communauté : Ouvrez-vous
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Dimanche 29 juillet 2007

Retrouvez cet article sur mon nouveau blog : 7232 voix pour Alternative Libérale aux législatives.

Par Matthieu - Publié dans : Paysage politique
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Mardi 24 juillet 2007

L'intérêt d'un homme politique est de rendre indolores les mauvaises mesures qu'il prend, en donnant l'impression que d'autres sont responsables de la dégradation de la situation. Pour cela, il peut s'employer à brouiller les cartes, à faire perdre le sens des choses. J'ai déjà évoqué ce fait au sujet du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu. Voilà la même idée à l'oeuvre avec le projet d'une "TVA sociale".

De quoi s'agit-il ? De financer les assurances sociales par une taxe sur la consommation. Aujourd'hui, ces assurances sont financées par des prélèvements sur le salaire. En échange, le salarié bénéficie de prestations. Cependant, au fil des ans, on a ouvert l'accès à ces prestations à des gens qui ne cotisaient pas. Puis les revenus du capital ont aussi été taxés (CSG, RDS), sans justification en termes de services rendus. Aujourd'hui, on veut donc trouver des ressources du côté des consommateurs. On pourrait dire que cela permet de faire contribuer certains bénéficiaires qui ne cotisent pas aujourd’hui ; mais, en multipliant les sources, cela détruit plus encore la lisibilité du financement de notre système d’assurances et de solidarités obligatoires. Chacun saura un peu moins ce qu’il a payé (il lui faudrait ajouter cotisations salariales et patronales sur son salaire, CSG et RDS sur ses revenus de capitaux, TVA sociale sur ses achats) ; il lui sera alors bien difficile de juger si le système est efficace, si les services rendus valent le prix payé.

En tout cas, une chose est certaine, ces démarches s'inscrivent dans une logique de maintien du monopole de ces assurances : alors que l’on peut imaginer verser ses cotisations sociales sur les revenus à l’organisme d’assurance ou de solidarité de son choix, il sera impossible de faire ce choix avec cette TVA. Pourquoi est-il interdit de choisir une autre façon de protéger sa santé, de prévoir sa retraite, de prendre soin de sa famille ? Pourquoi ne peut-on disposer du fruit de son propre travail ? Remettre en cause l'organisation actuelle implique de se poser des questions pratiques ; ce n'est pas l'objet de cet article, mais je me sens proche des propositions d’Alternative Libérale en la matière.

En tout cas, ce projet de TVA sociale, bien loin d'être une réforme audacieuse, est un moyen de perpétuer le système existant, dirigiste et qui a fait la preuve de son injustice et de son inefficacité.

 

Par Matthieu - Publié dans : Prélèvements obligatoires - Communauté : Ouvrez-vous
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