Jeudi 7 juin 2007

Je poursuis ma série d’articles sur la valeur monétaire de la biodiversité (article précédent).

 

Partie I : Les différents types de valeurs de la biodiversité (2/2)

D. La valeur de quasi-option

La valeur de quasi-option est l’estimation du bénéfice à attendre du report du projet. Elle correspond à peu près à la valeur de l’information : reporter le projet permettra d’obtenir des informations supplémentaires sur les conséquences écologiques et économiques ; par ailleurs, dans l’intervalle, une modification qui rendra le projet moins nécessaire pourra intervenir. Cette valeur doit être comparée aux coûts de report du projet.

On peut donner l’exemple de la disparition de toutes les espèces d’une forêt. Comme toutes les espèces animales et végétales n’ont pas été étudiées, il serait possible de découvrir de nouveaux usages à l’avenir. Ainsi, le report de la décision de destruction permet l’éventualité de nouvelles découvertes scientifiques valorisantes.

E. Les valeurs symboliques

Une valeur symbolique est attribuée à certaines espèces, indépendamment de tout usage, en raison de certaines caractéristiques.

B. Kristöm, en 2001, donne l’exemple des « arbres-mammouths » géants découverts dans l’Ouest des Etats-Unis vers 1850, dont on a découvert qu’ils étaient plus vieux que le Colisée de Rome, et qui sont devenus le symbole de la république américaine et de sa démocratie.

F. Les valeurs de non-usage, ou valeurs intrinsèques

Ces valeurs proviennent de la satisfaction procurée à un individu par le fait de savoir qu’une chose ou un état de fait désirable existe. Elles sont aussi appelées valeurs d’usage passif. Elles sont liées à des considérations extra économiques telles que la justice, l’équité par rapport aux générations futures ou le respect de la nature. Ce sont elles qui sont souvent invoquées pour justifier des mesures de protection pour des espèces charismatiques ou des sites naturels connus.

On distingue la valeur de legs, qui est l’utilité tirée du fait de transmettre un patrimoine aux générations futures, en vue ou non d’une utilisation, et la valeur d’existence, qui est l’utilité pour un individu de la conservation en vue ou non d’une utilisation à l’avenir. L’expression « valeur intrinsèque » est aussi employée pour désigner une valeur qui serait indépendante des humains ; elle est à rapprocher de la notion de valeur primaire des écosystèmes développée par le courant de l’économie écologique.

Ce type de valeurs est vivement critiqué par certains économistes. P. Milgram (1992), en particulier, leur reproche d’être vide de tout contenu économique, et d’impliquer par conséquent un double comptage dans le calcul de la valeur.

Pour évaluer les actifs environnementaux, il est nécessaire d’estimer ces différentes composantes, même s’il est parfois difficile de les distinguer les unes des autres et de les évaluer indépendamment. 

 

Dans le prochain article, j’évoquerai les méthodes d’évaluation de la valeur de la biodiversité.

 

Retrouvez le texte en une page sur Knol : Valeur monétaire de la Biodiversité.


Par Matthieu - Publié dans : Environnement - Communauté : Ouvrez-vous
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Dimanche 3 juin 2007

Après cette période de concentration des élections nationales, nous allons très probablement assister à l’apparition de différents "pôles", bien visibles, à l'intérieur des grands partis. Parmi ces pôles, notamment dans l'UMP et dans le Mouvement Démocrate, on trouvera probablement des pôles libéraux. Mais c'est un piège.

Souvenez-vous de 2002 : suite à l’élection présidentielle, les libéraux de Démocratie Libérale décident de fondre leur parti dans l’UMP. Dans une logique de rassemblement, d’unité, et d’efficacité électorale. Dans l’espoir de peser sur les mesures et les réformes, aussi. Les « Réformateurs », groupe à l’intérieur de l’UMP qui regroupe certains de ces libéraux, et quelques autres, se font entendre, interviennent au sujet de la réforme des retraites… A cette époque, je m’y reconnais, je me sens représenté. Je me dis aussi que l’on peut peser à l’intérieur du parti, et qu’il est plus simple pour les électeurs de n’avoir à choisir qu’entre deux options.

Cependant, en pratique, pas d’indépendance réelle. Un pouvoir d’influence, peut-être. Mais les Réformateurs ont-ils eu un vote différent du vote du groupe UMP sur une loi ? Je ne le crois pas. En conséquence, pour ceux qui ne suivent pas la politique de près, ils n’étaient pas très visibles.

Puis, les années sont passées. Et petit à petit, les Réformateurs se sont faits encore plus discrets. Leur site Internet s’est fait de moins en moins dynamique… Et dans la campagne, vous les avez entendus ? Ils n’ont pas parlé bien fort, en tout cas. Forcément, avec un candidat qui cherche à éviter d’être vu comme un libéral…

Au final, les idées libérales ont été absentes du débat.

 

Or, comment ai-je découvert le libéralisme ? Qu'est-ce qui m'a permis de me rendre compte que c'était le courant d'idées qui correspondait à mes valeurs ? C'est la candidature d'Alain Madelin à l'élection présidentielle de 2002. En l'absence de parti libéral, je serais probablement resté dans le flou bien plus longtemps. Les libéraux doivent donc, pour diffuser leurs idées, aller directement à la rencontre des citoyens, plutôt que de constituer un sous-groupe dans un parti ayant d'autres objectifs.

Et il y a un deuxième argument, au moins aussi important. Le besoin de confronter la théorie à la réalité, et aux opinions des citoyens. Le libéralisme, s’il veut être appliqué un jour, a besoin d’entrer en contact avec la population afin de se décliner pratiquement en fonction de l’état du pays et de l’opinion des citoyens. Pour savoir par où commencer et comment s’y prendre. Il ne s’agit pas de remettre en question les fondamentaux théoriques. Ils ne sont pas à « adapter », mais à décliner. La question est : comment fait-on pour aller vers l’application du libéralisme ? Et cela passe par : comment fait-on pour que les citoyens aient envie de libéralisme ? Cela n’est possible qu’en présentant directement les idées libérales.

Le libéralisme, lorsqu'il est défendu à l'intérieur d'un parti qui n'est pas libéral, ne peut aller authentiquement à la rencontre de la population. Or c'est la population qui a le plus intérêt au libéralisme, pas ceux qui sont installés dans les appareils des partis. Si ceux-ci ne sont pas libéraux, ils constituent un filtre, qui amoindrit la force de conviction libérale.

D’ailleurs, par nature, si un parti n’est pas libéral, les libéraux qui sont en son sein ne peuvent qu’être « utilisés » pour poursuivre un autre but. On sélectionne alors certaines idées libérales pour leur efficacité à servir ce but, sans considérer les principes fondateurs du libéralisme, qui méritent pourtant d’être connus pour comprendre le sens et la cohérence de ces idées, et pour éviter de répandre une image purement utilitariste du libéralisme.

A cela s’ajoute le fait que les libéraux s’engagent moins facilement en politique, parce qu’ils estiment que ce n’est pas là que doit s’exercer le pouvoir, et parce que quand il le font, c’est dans le but de diminuer leur pouvoir une fois élus, pour le rendre à chaque membre de la population. A ce sujet, j’ai d’ailleurs été interpellé par le début du livre « Témoignage » de Nicolas Sarkozy : il dit s’être engagé en politique en raison de son envie d’agir. Eh bien pour moi, l’action, c’est dans la société civile, dans le milieu associatif ou dans l’entreprise qu’elle doit se situer, c’est-à-dire là où elle peut être refusée par ceux qui en subissent les conséquences, et où l’on est entièrement responsable de ses actes. Ceux qui ont des convictions libérales sont donc sous-représentés parmi les militants politiques, et encore plus parmi les cadres des partis. En conséquence, si le poids du libéralisme dans un parti est déterminé en fonction du nombre de militants libéraux, ceux-ci partiront toujours avec un handicap. C’est pourquoi il est nécessaire d’avoir un parti exclusivement libéral, qui rencontre directement la population.

Par Matthieu - Publié dans : Paysage politique - Communauté : Les libéraux français
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Mercredi 30 mai 2007

La biodiversité n’est pas toujours dotée de prix, ce qui conduit les individus à agir par rapport à elle comme si elle était sans valeur. En conséquence, certaines décisions prises ont un impact négatif imprévu sur le bien-être collectif, ou une mauvaise allocation en résulte (destructions ou préventions inutiles de biodiversité).

La nécessité de donner un prix à la biodiversité apparaît donc si l’on souhaite corriger cette éventuelle défaillance du marché en utilisant les mécanismes du marché, par des taxes, par la négociation directe, ou par d’autres moyens. Elle peut aussi être utile à chacun pour évaluer correctement le bien-être apporté par la biodiversité, ou à la Justice pour trancher des conflits autour de cette question.

Je vous propose donc d’étudier les différents types de valeurs que peut revêtir la biodiversité, et de considérer les différentes méthodes qui permettent d’en donner une évaluation monétaire.

 

Cet article est le premier d’une série de cinq.

 

Partie I : Les différents types de valeurs de la biodiversité (1/2)

Dans la théorie néoclassique, la valeur économique des biens et services se base sur l’utilité, le bien-être qu’ils procurent aux individus. On peut décomposer la valeur économique totale d’un actif naturel en différentes composantes.

A. Les valeurs d'usage direct

Les valeurs d’usage direct sont celles des produits extraits du milieu naturel.

On peut citer la production de denrées alimentaires, de bois de feu, de racines, de fruits, d’écorces, de fibres et de résines divers. A ces éléments s’ajoute l’usage de la biodiversité comme pool de ressources génétiques ; elle constitue ainsi une matière première pour les industries pharmaceutique et agro-alimentaire, en particulier. Enfin, un paysage peut constituer un cadre à des activités de loisir (le tourisme, tout spécialement), et a donc aussi une valeur d’usage direct.

B. Les valeurs d'usage indirect

Les valeurs d’usage indirect renvoient aux services fournis par le milieu naturel, aux fonctions écologiques assurées.

Ces services sont, principalement, l’absorption des déchets, la protection des sols, le filtrage de l’eau. On peut ajouter le rôle joué par la biodiversité dans les grands équilibres de la biosphère.

C. La valeur d'option

La valeur d’option reflète une valeur future incertaine de l’actif. Les usages futurs étant incertains, la valeur d’option correspond à la prime de risque payée pour se garantir un plus grand choix de consommation à l’avenir. Il est à noter que cette valeur peut être positive ou négative : la valeur d’option est la différence entre l’évaluation ex ante de la variation future du bien-être (aussi appelée prix d’option) avec l’évaluation ex post (espérance mathématique). Elle est difficile à évaluer étant donné que les agents ne peuvent exprimer que des prix d’option.

Ainsi, en 1964, B. Weisbrod s’appuie sur l’exemple de la création d’un parc naturel : « Il y a des individus qui anticipent d’acheter le bien (de visiter le parc) dans l’avenir mais qui ne l’achèteront pas (qui ne le visiteront pas). Cependant, ils se comportent de façon économiquement rationnelle en acceptant de payer un certain prix pour l’option de consommer le bien dans l’avenir. »

 

Dans le prochain article, je présenterai la valeur de quasi-option, les valeurs d’usage et les valeurs intrinsèques.

 

Retrouvez le texte en une page sur Knol : Valeur monétaire de la Biodiversité.


Par Matthieu - Publié dans : Environnement - Communauté : Ouvrez-vous
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Dimanche 27 mai 2007

Retrouvez cet article sur mon nouveau blog : Homosexualité : mariage et filiation.

Par Matthieu - Publié dans : Famille - Communauté : Ouvrez-vous
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Jeudi 24 mai 2007

Lorsque Nicolas Sarkozy a fait sa proposition de créer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, j’ai été très surpris : je me suis dit que ce n’était pas en allant vers l’extrême droite qu’il allait contenir François Bayrou au centre. Et en même temps, je me disais qu’il n’avait sûrement pas fait cette proposition à la légère. Et bien c’est avec la réaction de Ségolène Royal que j’ai compris.

Pour que Nicolas Sarkozy soit élu, il fallait que Ségolène Royal passe au second tour, et non François Bayrou. Or Ségolène Royal a un discours fort en termes d’identité nationale. Mettre ce sujet au cœur de la campagne, c’était aider cette adversaire préférée, et faire descendre François Bayrou, qui a un discours beaucoup plus modéré, donc moins spectaculaire, sur ce thème. Et ça a marché ! Suite à cette sortie, on a à nouveau beaucoup plus parlé des candidats UMP et PS, moins du candidat UDF, que l’on sentait effectivement moins assuré sur le sujet.

Il s’agissait aussi de mettre en tête des réflexions au moment du vote des sujets sur lesquels un fort clivage droite/gauche existe dans la population. Ainsi, chacun, dans l’isoloir, a pensé à des prises de positions sur lesquels il n’est pas prêt à faire de compromis. Il a donc plutôt voté pour un candidat bien marqué, à droite ou à gauche, plutôt qu’un candidat qui propose de parler avec tout le monde.

Par Matthieu - Publié dans : Présidentielle 2007 - Communauté : Ouvrez-vous
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