Lundi 21 mai 2007

« Nous vous rappelons qu’il est interdit de fumer dans l’enceinte de la gare », « Nous vous rappelons que l’étiquetage des bagages est obligatoire », « Veuillez respecter les consignes de sécurité »… Bien sûr, c’est pour notre bien. Bien sûr, cela limite le risque d’accidents, de morts anticipées. Mais cela nuit aussi à notre liberté si l’on n’a pas la possibilité de ne pas respecter la règle proposée, si elle nous est imposée par une organisation monopolistique, qui utilise la contrainte plutôt que le contrat.

Combien de temps perdu dans les contrôles avant d’entrer dans l’avion, comparé au temps de vie gagné par ceux qui ont échappé, par ce moyen, à un détournement d’avion ou à un crash ? En d’autres termes, est-ce que ça en vaut la peine, au moins ?

D’ailleurs, ça gène qui si je ne mets pas ma ceinture de sécurité au volant ? J’ai conscience que c’est pour moi une précaution utile : je juge que cela vaut la peine. Mais si d’autres ont une opinion différente, en quoi gênent-ils les autres s’ils choisissent de prendre ce risque ?

Pour la cigarette, l’approche est différente. C’est un confort dont on prive les fumeurs. Mais laisser la liberté aux établissements d’être fumeurs ou non, quitte à ce que les salariés de ces établissements négocient alors des conditions de travail particulières, était-ce si difficile ? Aux citoyens de se prendre en main ! Certaines associations de lutte contre le tabagisme passif ont entrepris un travail de listage des établissements non fumeurs. Libre à chacun de les choisir : face au succès remporté, d’autres établissements auraient suivi. Pourquoi attendre du Gouvernement qu’il choisisse à notre place ?

Parce que le problème est bien là. La plupart du temps, sur chaque question soulevée, une majorité se dégage en faveur de l’interdiction. Et la minorité subit : les fumeurs n’ont qu’à aller fumer dehors – comme des pestiférés… Personnellement non fumeur, devrais-je rentrer dans le rang, puisque, dans la pratique, cela m’arrange ? Devrais-je applaudir cette mesure de santé publique ? Eh bien non, ce type de mesure me révolte. Parce que petit à petit, c’est notre liberté au quotidien qui diminue. A force de règlements, de lois, de décrets. Et un jour, on se retrouve dans la minorité, et on comprend. Pour que chacun reprenne sa vie en main, il faut qu’il cesse d’accepter que l’on fasse les choses à sa place. Chacun peut avoir une influence sur l’évolution de la société, par ses petits choix quotidiens. Il faut les faire en en ayant conscience !

Ma révolte naît aussi de la conviction que pour éviter d’en arriver au despotisme de la majorité, la démocratie doit prêter une attention toute particulière à ce que les droits des minorités soient respectés. C’est tellement facile de s’appuyer sur une écrasante majorité pour spolier les autres.

Plus globalement, et au-delà de l’exemple de la lutte contre le tabagisme passif, il faut bien se rendre compte qu’un certain nombre de mesures qui visent à assurer notre sécurité réduisent fortement notre liberté. A chaque fois, il est essentiel de bien se poser la question de l’équilibre entre les deux : suis-je prêt à abandonner cette part de liberté pour réduire ce risque ? Chacun aura sa réponse. Et c’est bien pour cela qu’il est toujours préférable, quand c’est possible, d’envisager des solutions alternatives, qui respectent les choix des minoritaires. En tout cas, efforçons-nous toujours de laisser des portes ouvertes : c’est par là qu’arriveront les solutions futures, qui offriront un meilleur rapport sécurité / perte de liberté.

Par Matthieu - Publié dans : Sécurité - Communauté : Le Club des Citoyens
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Jeudi 17 mai 2007

L’UDF et François Bayrou proposent, pour les élections législatives, un « scrutin mixte » (50% des députés élus au scrutin majoritaire, 50% à la proportionnelle ; à comparer aux 20% d’élus à la proportionnelle dans la proposition PS).

Je préfèrerais un scrutin intégralement proportionnel, qui permettrait une représentation authentique de l’opinion politique des Français. Bien sûr, le gouvernement en serait difficile, surtout étant donné la situation actuelle de l'opinion (10% à l’extrême gauche, 30% à gauche, 15% au centre, 30% à droite, 15% à l’extrême droite, environ), mais c'est peut-être ce que les Français attendent : une Assemblée qui les représente vraiment, dans leur large diversité.

A charge ensuite au gouvernement et aux députés eux-mêmes de proposer des lois capables de rassembler une majorité ; ces lois correspondraient alors bien plus fidèlement à l’opinion d’une majorité de Français.

Enfin, comme le suggère Alternative Libérale, ce scrutin proportionnel pourrait être doublé d'un vote préférentiel : "Les électeurs votent pour un parti, et au sein de la liste ils ont la possibilité de voter pour un candidat ou pour plusieurs d’entre eux. Les sièges sont d'abord attribués aux différents partis proportionnellement au nombre de voix qu'ils ont obtenues, avec un seuil minimum (...). Les candidats élus sont pris dans les listes en fonction de leurs scores personnels. (...) [Ce scrutin] favorise une représentation plus variée que celle voulue par l'instance du parti qui a confectionné la liste. Des candidats inconnus de la direction des partis peuvent ainsi percer avec un bon travail de terrain."

Je crois sincèrement que la crise politique, entre autres, que traverse la France peut trouver un début de réponse dans ses institutions, par une meilleure représentation des Français.

François Bayrou, avec le Mouvement Démocrate, a une chance réelle de pouvoir porter ses propositions dans la réalité de la loi assez rapidement, et montre une orientation qui me semble favorable sur ce sujet. Je place donc un certain espoir en lui, et formule le souhait qu’il ose aller plus loin. Cependant, j’espère aussi fortement qu’Alternative Libérale sera de plus en plus entendue, et pourra porter certaines de ses propositions, comme celle-là, jusqu’à leur application.

Par Matthieu - Publié dans : Institutions - Communauté : L'Avis des Eclectiques
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Lundi 14 mai 2007

Dimanche 15 avril, gare de l'Est, en fin d'après-midi. Un groupe de jeunes filles et de jeunes gens, pas tous blancs de peau (vous verrez, c'est important), sont assis à la limite entre l'intérieur et l'extérieur de la gare. L'un d'eux allume une cigarette. Des policiers, passant par là, indiquent qu'il est interdit de fumer.

Jusque là, rien de vraiment "anormal". Quelques uns des amis en présence font alors remarquer qu'ils sont à la limite de la gare, que l'espace est aéré, et, en un mot, qu'ils ne comprennent pas cette interdiction. C'est normal, on est en France, on discute de tout.

L'argument tombe : « Vous savez que c'est 68 € d'amande ? ». Je crois que ce n'était pas le genre de justification attendu.
Bref, la tension monte, un des jeunes gens présents s'emporte un peu. Il emploie des termes mal choisis, du registre familier, mais reste poli : « c'est bon, pourquoi vous êtes agressifs tout de suite ? ».
C'est là qu’arrive ma première surprise : « Vous voulez nous suivre au poste ? ».
Réactions, normales à mon sens : « Vous allez quand même pas nous emmener au poste pour ça ? ».
Et là, stupéfaction : « Vous avez vos papiers ? »...

S'en suit une fouille au corps palpation de celui qui a le plus réagi, mains plaquées contre le mur. C'est clair qu'il avait tout d'un criminel - que dis-je ? - d'un terroriste en puissance. Il était donc bien nécessaire d'en passer par là...

J'ai hésité à intervenir, mais pour faire quoi ? Que pouvais-je face aux agents de l'ordre public ? Lâchement, j'ai regardé la scène, indigné. Puis je suis allé vers les quais : il ne s'agissait pas de rater le train. Je ne sais pas si, finalement, certains ont été emmenés au poste.

 

À ce moment, tout s'éclaire pour moi : police de quartier, fin des contrôles d'identité sans ordre spécifique, tout cela devient évident. On n'y pense pas quand on voit les choses de loin. Cela saute aux yeux si on regarde de plus près.

Des policiers qui viennent du lieu où ils travaillent, dans le cadre d’une police de quartier, comprendraient naturellement que cette façon de parler n'est pas une agression, que c'est juste l'habitude locale. Cela ne les empêchera pas de rappeler le respect qui lui est dû, mais sans perdre leur calme.

Quant aux contrôles d'identité, ils permettent sûrement d'arrêter quelques clandestins, mais est-on prêt, dans cet unique but, à donner l'impression à une partie de nos compatriotes, qui se fait contrôler parfois plusieurs fois par jour, qu'ils ne sont pas ici chez eux ? Je ne m'en rendais pas compte : je n'ai jamais été contrôlé. Pourquoi, à votre avis ? Sans compter, dans le cas dont j'ai été témoin, qu'il s'agissait plutôt, me semble-t-il, d'intimider que de contrôler.

 

C'est ainsi que j'ai interprété cette scène, qui m'a profondément choqué, ainsi que les amis avec qui j'étais. Peut-être avez-vous un autre point de vue sur de tels événements. Dans ce cas, évidemment, et comme sur tous les sujets, je serais heureux de vous lire et de pouvoir échanger avec vous.

Par Matthieu - Publié dans : Sécurité - Communauté : Le Club des Citoyens
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Vendredi 11 mai 2007

Mercredi 4 avril 2007, alors que, sur proposition de François Bayrou, Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen se disent prêt à un débat face aux blogueurs sur Internet, Nicolas Sarkozy s’est prononcé contre, avec une bien piètre excuse : "Nous sommes à un peu plus de 15 jours du premier tour. Je crois qu'il faut laisser les Français choisir les deux candidats qui seront sélectionnés pour le second et qu'à ce moment-là il y aura des débats" (propos rapportés par l’agence Reuters). Les Français étaient donc sensés choisir ces deux candidats sans débat ? Drôle de vision de la démocratie.

C’est encore plus inquiétant lorsque l’on met ces propos en parallèle avec ceux de Jean-Pierre Raffarin, lors d’un débat avec François Hollande au théâtre du Rond-Point, dimanche 1er avril : il s’oppose à la proportionnelle à l’Assemblée Nationale, pour conserver le fait majoritaire, de manière artificielle, mais affirme que pour faire passer une réforme, il faut avoir des partenaires dans la société civile – par exemple, des syndicats – parce que le pouvoir politique n’a pas la légitimité nécessaire. En d’autres termes : non à une assemblée représentative de l’opinion des Français ; plutôt donner l’impression que l’on négocie, avec des associations qui ne sont pas non plus représentatives, puisqu’elles ne sont pas élues par l’ensemble de la population.

Drôle de conception de la démocratie, donc. Deux partis, pas plus, tant pis s’ils ne sont pas représentatifs ; il est donc inutile de débattre avant le premier tour. Et ensuite, on s’arrange comme on peut, pour essayer de faire passer des réformes, même si la population n’en veut pas, en trouvant des appuis non pas auprès d’autres partis représentant d’autres Français, mais auprès de divers groupements d’intérêts.

Par Matthieu - Publié dans : Institutions - Communauté : Ouvrez-vous
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Dimanche 6 mai 2007

Même si cela n’apparaît pas de prime abord, l’enjeu de la retenue de l’impôt sur le revenu à la source (il serait prélevé par l’entreprise sur la fiche de paye, et directement reversé à l’Etat) est de taille. Il est essentiel que chacun sache combien l’Etat lui prélève.

Il semble évident que chacun a bien plus conscience, aujourd’hui, de ce qu’il paye comme impôt sur le revenu que comme cotisations sociales sur son salaire.

Pour une raison simple : de la fiche de paye, on retient principalement la somme virée sur son compte à la fin de mois. Et on oublie donc ce que l’entreprise débourse au total (salaire + charges salariales + charges patronales).

Pourtant, cette somme représente le véritable prix du travail que vous fournissez, la véritable valeur que l’entreprise lui attribue, ce qu’elle est prête à payer pour vous employer.

Eh oui, votre travail vaut environ deux fois plus que votre salaire net. Mais, via les charges patronales et salariales, vous n’êtes libre de disposer que de la moitié du fruit de votre travail (avant impôt sur le revenu, bien sûr).

Avec le prélèvement de l’impôt sur le revenu à la source (comme pour les cotisations sociales), le salaire net, celui que l’on retient, va encore diminuer. Ce qui donnera encore plus l’impression que le travail ne paye pas.

Mais il y a plus grave : il est beaucoup moins gênant pour un homme politique d’augmenter un impôt que la population perçoit mal. La retenue à la source ouvrira donc la porte à des augmentations d’impôt « indolores », qui finiront pourtant par se faire sentir sur le pouvoir d’achat. Mais il sera alors facile d’accuser les patrons qui ne payent pas assez, puisque ce sera bien le salaire sur la fiche de paye, affaibli par tous ces prélèvements, qui ne montera pas.

Attention à ne pas accepter d’être aveuglé par l’Etat.

Par Matthieu - Publié dans : Prélèvements obligatoires - Communauté : Ouvrez-vous
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