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Vendredi 6 avril 2007

Arlette Laguiller, José Bové, Olivier Besancenot, Philippe de Villiers, Ségolène Royal, Marie-Georges Buffet, Jean-Marie Le Pen... Le nombre de candidats clairement anti-libéraux est assez impressionnant dans cette campagne.

En face ? Nicolas Sarkozy a paru, un temps, pouvoir être le candidat du libéralisme. C’était il y a plusieurs mois maintenant. Préférence communautaire, contrôle de la Banque Centrale Européenne par les gouvernements, refus de l’égalité en droits pour les couples homosexuels, contrôles d’identité préventifs… On est bien loin du libéralisme.
En face, celui-ci n’a qu’une faible voix, jusqu’à il y a peu très dispersée. Elle commence à porter un peu, via l’initiative d’Alternative Libérale. Mais, si cette initiative devait aboutir à un véritable parti libéral qui pèserait sur la scène politique française, il reste une très longue route à parcourir : dans l’émission « A vous de juger » du jeudi 15 février 2007, sur France 2, Sabine Herold, porte-parole d’Alternative Libérale a pu prendre la parole… depuis le public ! Alors qu’elle faisait remarquer qu’il y avait trois candidats antilibéraux sur le plateau (Philippe de Villiers, José Bové, et Marie-Georges Buffet), la journaliste, Arlette Chabot, lui a répondu « Vous êtes là, vous pouvez poser votre question ». Quel équilibre, en effet !

Mais ce traitement médiatique n’est pas à incriminer en soi. Un nouveau parti doit faire ses preuves avant d’avoir sa place.
Même si José Bové n’a pas de légitimité démocratique, il a réussi à s’élever en icône médiatique, et c’est ce qui justifie sa présence sur le plateau.
Pour le libéralisme, la légitimité est à créer. Elle sera le fruit d’un combat. Et n’existera que s’il parvient à rencontrer un écho dans la population.

par Matthieu publié dans : Paysage politique communauté : Ouvrez-vous
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Dimanche 1 avril 2007

Sur la question des droits des couples homosexuels, les principaux candidats ont pris position. A première vue, cette position marque une nette séparation droite/gauche : le PRG, le PS, le PCF et l’extrême gauche sont pour l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe et pour l’adoption ; l’UDF et l’UMP sont pour la mise en place d’un contrat d’union, équivalent au mariage, sans la filiation pour l’UMP, et contre l’adoption par ces couples ; l’extrême droite est opposée à ces deux propositions.

J’aurai peut-être l’occasion de revenir plus en détail sur les propositions. Parce qu’au-delà des questions du mariage et de l’adoption, d’autres points, parfois bien plus problématiques, en particulier du point de vue de l’éthique, apparaissent : procréation médicalement assistée, mères porteuses…

Ces questions méritent un article à elles seules.

Ici, je veux tenter d’examiner de plus près les prises de position.

Par exemple, fondamentalement, Ségolène Royal est plutôt « conservatrice » au niveau des mœurs. Elle était opposée à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe jusque très récemment, et ce n’est qu’en 2006 qu’elle a officialisé un changement de position. On peut raisonnablement penser que ce changement n’est pas fondé sur une conviction profonde, mais formulé pour se mettre en accord avec le programme de son parti.

Du côté de Nicolas Sarkozy, c’est plus flou ; on peut même avoir l’impression inverse : fondamentalement, la majorité de l’UMP n’est pas très favorable à l’ouverture du mariage aux couples homosexuels. Il s’est donc toujours déclaré opposé à cette proposition. Mais, finalement, il propose un mariage qui cache son nom – même si pour l’adoption, c’est toujours non.

Mais au fond, cette question doit-elle réellement passer par le pouvoir politique ? L’Etat a-t-il son mot à dire dans notre vie privée ? Cette intervention est-elle bien naturelle ?

Ces questions ont été posées par Alternative Libérale ; et elles m’ont interpellé. Ils y répondent par la négative.

Aussi peut-on lire dans leur programme : « Nous souhaitons faire du mariage un engagement privé, religieux ou non, qui n’engage que deux adultes consentants, sans distinction de sexe et sans obligation de passer à la mairie autrement que pour informer l’état civil de l’union ».

Belle façon de mettre tous les couples sur un pied d’égalité, tout en refusant d’instrumentaliser cette question qui, au fond, ne devrait pas se poser.

Concernant l’adoption, c’est un peu plus compliqué.
Aujourd’hui, un célibataire a le droit d’adopter.
Or, les discriminations basées sur l’orientation sexuelle sont interdites.
Légalement, un(e) homosexuel(le) peut donc adopter.

C’est donc principalement un changement de regard qui est nécessaire, plus qu’un changement légal. C’est contre les discriminations implicites des personnes qui encadrent les adoptions qu’il faut lutter.

Ensuite, pour simplifier les démarches des couples, Alternative Libérale propose simplement que « lorsqu’un enfant ne dispose que d’un seul parent ou tuteur légal, celui-ci [puisse] le faire adopter par son conjoint et partager l’autorité parentale ». Notons que cela apparaît déjà progressivement à travers la jurisprudence (plusieurs procès récents ont accordé l’adoption à la conjointe d’une mère).

Je ne sais pas si d’autres partis partagent cette approche.

En tout cas, elle a le mérite d’interpeller : plutôt que de chercher à obtenir des droits parfois difficiles à appliquer, pourquoi ne pas simplement demander à la loi de la liberté ?

par Matthieu publié dans : Famille communauté : Ouvrez-vous
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