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Lundi 9 juillet 2007

Je poursuis ma série d’articles sur la valeur monétaire de la biodiversité (article précédent - premier article).

Partie II : Les méthodes d’évaluation de la valeur de la biodiversité (2/2)

b. Les méthodes d'évaluation directe

i. Avec préférences révélées

1. Sur le marché réel

L’évaluation par le changement de productivité consiste à considérer le fait qu’une variation de la qualité de la biodiversité a un impact direct sur la production par les agents économiques de biens et services marchands. Par exemple, la disparition du couvert forestier aurait un impact sur la qualité des sols, et donc sur le niveau de production agricole.

Les dépenses de protection permettent aussi de donner une valeur monétaire à certains actifs environnementaux, par l’estimation des dépenses réelles de protection contre la dégradation de l’environnement. Il en est ainsi de l’achat de bouteilles d’eau pour compenser la dégradation de la qualité de l’eau du robinet.

Enfin, on peut évaluer la valeur d’un actif en mesurant celles de biens qui lui sont substituables. C’est possible par exemple avec les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) : fruits, gommes et résines, huiles, fibres.

2. Sur un marché reconstitué

La méthode des prix hédonistes consiste à déterminer la mesure dans laquelle la variation des prix de marché est expliquée par la variation du niveau de l’environnement. On peut s’appuyer en particulier sur le prix des maisons, ou le prix des médicaments intégrant des principes actifs naturels.

ii. Avec préférences exprimées sur un marché fictif : la méthode de l'évaluation contingente

La méthode de l’évaluation contingente consiste à placer les individus sur le marché fictif du bien à évaluer pour connaître leurs préférences individuelles. On demande aux individus la valeur qu’ils accordent à une altération d’un élément de la biodiversité, généralement sous la forme d’un montant maximal à payer pour obtenir ou conserver celui-ci. C’est la technique des enchères. La valeur totale est alors le produit du montant moyen avec la taille de la population pertinente. On peut aussi employer des techniques référendaires : l’agent accepte ou refuse un prix proposé, dans le cadre d’un scénario qui lui a été proposé.

c. Méthodes d'évaluation indirecte

Dans le cadre de la méthode dose-effet, on évalue monétairement la variation de la qualité ou de la quantité des actifs environnementaux en observant les conséquences physiques que ce changement entraîne. Cette méthode s’applique par exemple au réchauffement climatique.

Enfin, on peut estimer la valeur d’un actif naturel à partir du coût à supporter pour le remplacer par du capital artificiel. C’est la méthode des coûts de remplacement, qui s’applique en particulier aux ressources médicales traditionnelles, en s’appuyant sur le prix des médicaments.

Les limites générales de ces méthodes sont liées au choix technique d’évaluation économique, au choix des hypothèses d’application de ces techniques, au choix du taux d’actualisation, et au fait que l’évaluation des bénéfices est toujours partielle.

Par ailleurs, on peut souligner certaines limites culturelles : ce type d’approche est difficilement compatible avec des sociétés où les mécanismes marchands ne sont pas prédominants dans l’usage des ressources. De plus, il est difficile d’appréhender les interactions multiformes qui s’établissent entre les acteurs et leur milieu.

Dans le prochain article, j’évoquerai une étude publiée en 1997 visant à estimer la valeur des services rendus par l’ensemble des écosystèmes de la planète.


Retrouvez le texte en une page sur Knol : Valeur monétaire de la Biodiversité.


par Matthieu publié dans : Environnement communauté : Ouvrez-vous
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Jeudi 5 juillet 2007

Une des « images-massues » employées contre les libéraux consiste à dire que le libéralisme, c’est « le renard libre dans le poulailler libre ». Autrement dit, que la liberté totale profite aux forts, au détriment des faibles. Cette image est fausse : le libéralisme prône la liberté d’agir tant que l’on ne porte pas atteinte aux droits des autres, notamment le droit de propriété. Ce renard n’aurait donc pas à rentrer dans un poulailler sur lequel il n’a aucun droit. La liberté n’est pas le droit de faire ce que l’on veut, puisque, les ressources étant limitées, cela conduirait nécessairement à exercer un droit au détriment des autres. Personne ne peut donc effectuer un quelconque échange avec un autre sans son consentement. Et, de la même manière, il ne peut attenter à ses jours. Plus généralement, l’exercice de la contrainte, non seulement privée, mais aussi celle exercée par l’Etat, est combattue par les libéraux.

D’ailleurs, ceux qui utilisent cette image du renard libre dans le poulailler libre oublient souvent un intervenant : le fermier. Lui garde les poules au chaud, il les nourrit, mais c’est pour mieux prendre leurs œufs, et les manger elles-mêmes, au final. Et les poules n’ont guère les moyens de se défendre contre cet échange forcé. Le parallèle est troublant avec un Etat qui, en échange d’une tranquillité apparente, prélève une bonne part de ce que chacun produit, et effectue un nouveau prélèvement sur ce qui reste au moment de la mort…

par Matthieu publié dans : Libéralisme communauté : L'Avis des Eclectiques
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