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Vendredi 22 juin 2007

On a beaucoup glosé sur l’ « ouverture » du nouveau gouvernement. Sur le sens de l’arrivée au pouvoir de personnes ayant participé, de près ou de loin, à la campagne de l’adversaire.

Je ne considère pas que les hommes soient obligés d'être fidèles aux machines politiques. Ils peuvent considérer que l'orientation prise par leur parti ne leur convient pas, et qu'ils ont besoin d'aller ailleurs. Ils peuvent aussi considérer qu'ils seront plus utiles à leur pays, et à la défense de leurs idées s'ils travaillent de façon ouverte avec différents interlocuteurs.

Evidemment, il y a aussi la recherche d'une "place". Mais il est bien difficile de dire aujourd’hui, pour ceux qui ont fait ce choix, s'il s'agit d'un reniement de leurs valeurs, ou s'il s'agit juste d'une nouvelle façon de les défendre. Enfin, je n'oublie pas qu'il y a beaucoup de "professionnels de la politique", de gens qui font de la politique un métier, et font passer leur plan de carrière devant leurs convictions ; mais ce n’est pas le cas de tous.

Ce qui est gênant, c’est que le message n’est pas très clair. « Vous venez, à condition que vous appliquiez à la lettre le programme du Président, mais vous pouvez garder vos valeurs. » À quoi servent-elles, ces valeurs, si elles ne peuvent influencer le programme ? Encore une fois, il faudra attendre de voir, à l’usage.

En tout cas, la nuance soulignée par François Bayrou entre le rassemblement, où chacun apporte sa pierre au projet commun, et le ralliement, où ceux qui arrivent acceptent un projet conçu sans eux, et se contentent de participer à son application, correspond bel et bien à une réalité.

Plus efficace ? Plus réaliste ? Moins séduisant, en tout cas. Surtout pour ceux qui n’apprécient que modérément le projet initial.

par Matthieu publié dans : Paysage politique communauté : Le Club des Citoyens
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Dimanche 3 juin 2007

Après cette période de concentration des élections nationales, nous allons très probablement assister à l’apparition de différents "pôles", bien visibles, à l'intérieur des grands partis. Parmi ces pôles, notamment dans l'UMP et dans le Mouvement Démocrate, on trouvera probablement des pôles libéraux. Mais c'est un piège.

Souvenez-vous de 2002 : suite à l’élection présidentielle, les libéraux de Démocratie Libérale décident de fondre leur parti dans l’UMP. Dans une logique de rassemblement, d’unité, et d’efficacité électorale. Dans l’espoir de peser sur les mesures et les réformes, aussi. Les « Réformateurs », groupe à l’intérieur de l’UMP qui regroupe certains de ces libéraux, et quelques autres, se font entendre, interviennent au sujet de la réforme des retraites… A cette époque, je m’y reconnais, je me sens représenté. Je me dis aussi que l’on peut peser à l’intérieur du parti, et qu’il est plus simple pour les électeurs de n’avoir à choisir qu’entre deux options.

Cependant, en pratique, pas d’indépendance réelle. Un pouvoir d’influence, peut-être. Mais les Réformateurs ont-ils eu un vote différent du vote du groupe UMP sur une loi ? Je ne le crois pas. En conséquence, pour ceux qui ne suivent pas la politique de près, ils n’étaient pas très visibles.

Puis, les années sont passées. Et petit à petit, les Réformateurs se sont faits encore plus discrets. Leur site Internet s’est fait de moins en moins dynamique… Et dans la campagne, vous les avez entendus ? Ils n’ont pas parlé bien fort, en tout cas. Forcément, avec un candidat qui cherche à éviter d’être vu comme un libéral…

Au final, les idées libérales ont été absentes du débat.

 

Or, comment ai-je découvert le libéralisme ? Qu'est-ce qui m'a permis de me rendre compte que c'était le courant d'idées qui correspondait à mes valeurs ? C'est la candidature d'Alain Madelin à l'élection présidentielle de 2002. En l'absence de parti libéral, je serais probablement resté dans le flou bien plus longtemps. Les libéraux doivent donc, pour diffuser leurs idées, aller directement à la rencontre des citoyens, plutôt que de constituer un sous-groupe dans un parti ayant d'autres objectifs.

Et il y a un deuxième argument, au moins aussi important. Le besoin de confronter la théorie à la réalité, et aux opinions des citoyens. Le libéralisme, s’il veut être appliqué un jour, a besoin d’entrer en contact avec la population afin de se décliner pratiquement en fonction de l’état du pays et de l’opinion des citoyens. Pour savoir par où commencer et comment s’y prendre. Il ne s’agit pas de remettre en question les fondamentaux théoriques. Ils ne sont pas à « adapter », mais à décliner. La question est : comment fait-on pour aller vers l’application du libéralisme ? Et cela passe par : comment fait-on pour que les citoyens aient envie de libéralisme ? Cela n’est possible qu’en présentant directement les idées libérales.

Le libéralisme, lorsqu'il est défendu à l'intérieur d'un parti qui n'est pas libéral, ne peut aller authentiquement à la rencontre de la population. Or c'est la population qui a le plus intérêt au libéralisme, pas ceux qui sont installés dans les appareils des partis. Si ceux-ci ne sont pas libéraux, ils constituent un filtre, qui amoindrit la force de conviction libérale.

D’ailleurs, par nature, si un parti n’est pas libéral, les libéraux qui sont en son sein ne peuvent qu’être « utilisés » pour poursuivre un autre but. On sélectionne alors certaines idées libérales pour leur efficacité à servir ce but, sans considérer les principes fondateurs du libéralisme, qui méritent pourtant d’être connus pour comprendre le sens et la cohérence de ces idées, et pour éviter de répandre une image purement utilitariste du libéralisme.

A cela s’ajoute le fait que les libéraux s’engagent moins facilement en politique, parce qu’ils estiment que ce n’est pas là que doit s’exercer le pouvoir, et parce que quand il le font, c’est dans le but de diminuer leur pouvoir une fois élus, pour le rendre à chaque membre de la population. A ce sujet, j’ai d’ailleurs été interpellé par le début du livre « Témoignage » de Nicolas Sarkozy : il dit s’être engagé en politique en raison de son envie d’agir. Eh bien pour moi, l’action, c’est dans la société civile, dans le milieu associatif ou dans l’entreprise qu’elle doit se situer, c’est-à-dire là où elle peut être refusée par ceux qui en subissent les conséquences, et où l’on est entièrement responsable de ses actes. Ceux qui ont des convictions libérales sont donc sous-représentés parmi les militants politiques, et encore plus parmi les cadres des partis. En conséquence, si le poids du libéralisme dans un parti est déterminé en fonction du nombre de militants libéraux, ceux-ci partiront toujours avec un handicap. C’est pourquoi il est nécessaire d’avoir un parti exclusivement libéral, qui rencontre directement la population.

par Matthieu publié dans : Paysage politique communauté : Les libéraux français
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Vendredi 6 avril 2007

Arlette Laguiller, José Bové, Olivier Besancenot, Philippe de Villiers, Ségolène Royal, Marie-Georges Buffet, Jean-Marie Le Pen... Le nombre de candidats clairement anti-libéraux est assez impressionnant dans cette campagne.

En face ? Nicolas Sarkozy a paru, un temps, pouvoir être le candidat du libéralisme. C’était il y a plusieurs mois maintenant. Préférence communautaire, contrôle de la Banque Centrale Européenne par les gouvernements, refus de l’égalité en droits pour les couples homosexuels, contrôles d’identité préventifs… On est bien loin du libéralisme.
En face, celui-ci n’a qu’une faible voix, jusqu’à il y a peu très dispersée. Elle commence à porter un peu, via l’initiative d’Alternative Libérale. Mais, si cette initiative devait aboutir à un véritable parti libéral qui pèserait sur la scène politique française, il reste une très longue route à parcourir : dans l’émission « A vous de juger » du jeudi 15 février 2007, sur France 2, Sabine Herold, porte-parole d’Alternative Libérale a pu prendre la parole… depuis le public ! Alors qu’elle faisait remarquer qu’il y avait trois candidats antilibéraux sur le plateau (Philippe de Villiers, José Bové, et Marie-Georges Buffet), la journaliste, Arlette Chabot, lui a répondu « Vous êtes là, vous pouvez poser votre question ». Quel équilibre, en effet !

Mais ce traitement médiatique n’est pas à incriminer en soi. Un nouveau parti doit faire ses preuves avant d’avoir sa place.
Même si José Bové n’a pas de légitimité démocratique, il a réussi à s’élever en icône médiatique, et c’est ce qui justifie sa présence sur le plateau.
Pour le libéralisme, la légitimité est à créer. Elle sera le fruit d’un combat. Et n’existera que s’il parvient à rencontrer un écho dans la population.

par Matthieu publié dans : Paysage politique communauté : Ouvrez-vous
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