Recherche

Articles les plus lus

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Mercredi 12 décembre 2007

Ridicule ! La Ministre de l’Économie, des finances et de l’emploi, Christine Lagarde, souhaite que l'on extraie plus de pétrole, pour limiter l'augmentation de son prix (LeMonde.fr le 10 novembre 2007) alors que le Grenelle de l'Environnement a mené le gouvernement à annoncer une lutte pour la diminution de la consommation via... une taxe carbone ! L'objectif réel est donc révélé clairement : il s'agit de prendre le prétexte de l'environnement pour créer de nouvelles taxes. Pour que cela soit possible, il ne faut pas laisser le marché réguler naturellement, en menant à une augmentation du prix de cette denrée qui se raréfie... Pour nos gouvernants, c’est l’Etat qui doit décider du prix, en taxant, plutôt que de laisser offreurs et demandeurs s’adapter aux contraintes naturelles.

Soulignons, en plus de l’hypocrisie, l’irresponsabilité d’une telle démarche. Pousser à produire plus de pétrole aujourd’hui, pour baisser les prix, revient à lutter contre la capacité des intervenants sur le marché à anticiper l’avenir : ils anticipent que la demande, et donc les prix, seront plus élevés plus tard, et choisissent donc de ne pas extraire le pétrole aujourd’hui, mais de le garder pour l’avenir.

On constate donc que là où les propriétaires sont poussés, par leurs intérêts, à préparer l’avenir, l’Etat souhaiterait le sacrifier pour tout consommer aujourd’hui. Que l’on ne nous fasse pas croire que l’intervention de l’Etat est indispensable pour faire face aux besoins futurs : les hommes politiques ne cherchent, en général, qu’à plaire dans le présent, puisqu’ils ne supportent pas les conséquences de leur action sur l’avenir. Ils sont donc prêts à le sacrifier, comme cet exemple nous le montre, une fois de plus. L’environnement n’est pour eux qu’un alibi pour augmenter leur emprise sur nos vies quotidiennes, là où des individus responsables sauraient bien mieux prendre les bonnes décisions.
par Matthieu publié dans : Environnement communauté : Le Club des Citoyens
commentaires (0)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Vendredi 30 novembre 2007

Une critique du capitalisme consiste à dire que ceux qui n’ont pas de capital se trouvent à la merci de ceux qui en ont, puisque, pour pouvoir travailler, ils doivent utiliser une part du capital de ces propriétaires. D’abord, mettons-nous d’accord sur la définition du capital : nous appellerons ici capital tout les éléments externes dont une personne est propriétaire.

 

Capital et travail

Pour répondre à cette critique, nous pouvons déjà faire un constat : il est possible de travailler sans capital : en rendant des services. Pour ce faire, on peut devenir salarié, mais aussi entrepreneur. Ainsi, il est possible d’écrire des chansons, et de les chanter sans capital. Ces œuvres auront moins de force que si elles étaient associées à du capital : il permettrait de les diffuser plus efficacement. Mais rien n’empêche de se contenter de vendre une prestation de chant.

Cet exemple est évidemment très théorique. En pratique, le travail est presque toujours associé au capital, simplement parce qu’il est ainsi plus efficace.

Il est par ailleurs presque toujours nécessaire d’échanger avec quelqu’un d’autre pour créer de la valeur : ce qu’une personne produit facilement n’a que peu de valeur à ses yeux, mais elle peut en avoir beaucoup aux yeux d’un autre, d’où l’intérêt de l’échange. L’autonomie totale, elle, ne permet pas d’aller très loin : si je dois créer de toute pièce un meuble, il me faudra beaucoup de temps pour trouver une terre où faire pousser un arbre, puis fabriquer les outils qui me seront nécessaires… En revanche, si j’échange du travail ou du capital contre du bois et des outils, il me sera plus facile de fabriquer ce meuble.

Toujours contre l’idée de la domination par les capitalistes, le capital n’est pas donné à un instant t, en quantité limitée et fixée : il s’en crée et s’en détruit en permanence ; cela n’a pas de sens d’imaginer qu’il soit accaparé. On peut ainsi douter de la possibilité pour « quelques uns » d’accaparer tous les instruments de travail.

Celui qui a produit un outil de travail en est propriétaire : le droit de propriété appartient au découvreur, au créateur, à l'inventeur, ou à celui qui a reçu ce droit du propriétaire précédent. Il peut l’utiliser, le prêter, le céder ou le louer comme bon lui semble. Et s’il ne souhaite en faire profiter d’autres qu’à condition que ceux-ci lui versent un revenu en échange, de quel droit lui interdire ? Quelle justice y aurait-il à lui réquisitionner ? Celui qui accumule un capital ne lèse personne lors de cette accumulation, ni lors de la transmission ou du prêt de ce capital : il a produit cette richesse. Sans lui, elle n’existerait pas. Seul l’échange volontaire respecte l’individu.

En dehors de cette limite, difficile de porter un jugement sur la manière d’accéder à la propriété. Prenons l’exemple des gains en Bourse, qui font réagir certains pour qui ils sont l’archétype de l’argent gagné facilement par les capitalistes. Le gain réalisé en Bourse a la même valeur que celui issu d’un travail plus traditionnel. Les achats et ventes n’y sont que des transactions entre acheteurs et vendeurs, qui s’accordent sur un prix. Il s’agit de mise à disposition de capitaux, de choix d’investissements, qui peuvent se révéler fructueux ou non. Concernant la spéculation, il faut la comprendre comme la rémunération liée à la liquidité apportée au marché, et au risque pris pour ce faire.

Par ailleurs, il ne faut pas négliger les compétences et le temps nécessaires pour bien gérer un capital, et le risque que représente l’engagement de celui-ci. Ce risque, c’est celui de perdre un capital accumulé : son propriétaire s’est refusé à le consommer au moment où il l’a reçu, et il a choisi de le mettre à disposition des autres sous un certain nombre de conditions.

Enfin, plus fondamental : le capital est toujours le fruit d’un travail. Qu’il ait ensuite été transféré (avec le consentement de son propriétaire) ne change rien à sa valeur morale.

 

Un « notre » monde est possible ?

Rien n’empêche les travailleurs de s’organiser en coopérative, voire, en conservant le modèle de la Société Anonyme, d’être actionnaires de leur propre entreprise. Ils peuvent alors fabriquer leurs propres outils de travail, puis les utiliser.

Attention, cependant : la différence entre le travailleur et le capitaliste (actionnaire ou prêteur), vis-à-vis du risque, est que si l’entreprise fait faillite, le travailleur peut aller vendre sa force de travail ailleurs (je ne nie évidemment pas les difficultés d’un tel changement) ; le capitaliste, et en tout cas l’actionnaire, lui, a perdu tout le capital investi. Reprenons l’idée de propriété collective des moyens de production : les travailleurs possèdent leurs outils de travail. Imaginons que leur entreprise fasse faillite, que se passe-t-il ? Où trouvent-ils ces outils qu’ils possédaient, et qu’ils ont perdus ? Il leur faudra repartir de zéro. La perte sera alors double pour eux – de même que leur gain sera double si l’entreprise fonctionne.

C’est un modèle alternatif, dont il convient de percevoir avantages et inconvénients, mais il ne s’agit sûrement pas de l’interdire : si un groupe d’individus souhaite s’organiser de cette façon, ils doivent pouvoir le faire. Il s’avère simplement que le modèle capitaliste a tendance à l’emporter, parce que cette répartition du risque et de la responsabilité s’est avérée particulièrement efficace pour créer de la richesse. D’ailleurs, l’existence de « capitalistes » vient de ce que certains travailleurs, ayant beaucoup apporté aux autres, sans consommer la rémunération qui leur été accordée en échange, ont accumulé un capital important et se sont rendu compte du fait que certains étaient prêts à payer pour le louer.

En tout cas, il faut bien voir qu’il s’agit toujours de coopération ; il n’y a pas « d’universel antagonisme des intérêts » (pour reprendre les termes de Baccelliguido). Au contraire, la création de richesse se répartit entre les deux intervenants dans l’échange, et c’est un surplus qui se répartit. Il y a un contrat, accepté par les deux parties, qui fixe dès le départ les conditions de rémunération.

 

 

Cet article est la première partie d’une synthèse de mes interventions lors d’un échange riche et intéressant avec Baccelliguido et Saucratès autour d’un article sur la légitimité de l’intérêt.

par Matthieu publié dans : Libéralisme communauté : Ouvrez-vous
commentaires (0)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Mercredi 31 octobre 2007
Beaucoup voient en la stratégie d’ouverture de Nicolas Sarkozy un moyen pour déstabiliser le PS. Certes, c’est l’effet le plus visible.

Mais il y a un effet plus profond que celui-là : Dominique Strauss-Kahn, Jean-Marie Bockel, Bernard Kouchner… Ce sont les plus réformateurs qui sont ainsi amenés à s’éloigner de la direction du parti. C’est un bon moyen pour empêcher le PS de se réformer.

par Matthieu publié dans : Paysage politique communauté : L'Avis des Eclectiques
commentaires (0)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Mercredi 3 octobre 2007
La connaissance de l'existence de limites, plus ou moins arbitraires, fait envisager leur suppression. Se demander ce qu'il adviendrait sans limite conduit à mettre en évidence certains intérêts qu'elles peuvent avoir.

 

Le jour où je me suis rendu compte de la force des limites morales qui nous contraignent, bien ancrées au fond de nous, j'ai eu un sentiment de révolte, et de profonde incompréhension : comment peuvent-elles se perpétuer ? Comment peut-on accepter et promouvoir de telles restrictions à nos libertés ? Tout serait tellement plus naturel et plus agréable, sans limite !

Et pourtant, elles sont là, transmises de génération en génération. Alors, pourquoi ? C'est une grande question, difficile. Pour le bien de tous ? Ou pour le bien du plus grand nombre ? Ou encore pour protéger les « faibles » ? Pour dominer les « forts » ? Ou enfin pour protéger ces derniers, de façon plus ou moins dissimulée ? Je ne pense pas qu'il y ait une réponse évidente ou aisément démontrable à cette question, sur laquelle je ne vais donc pas m'appesantir.

Mettant à part les conséquences – bénéfiques ou non – des limites, intéressons-nous aux limites pour elles-mêmes, quelles qu'elles soient. Je pense qu'il y a en chacun, à un certain âge, au moins, un besoin de franchissement, ou d'une recherche, d'une tentative de franchissement, voire d'une révolte. Pour s’affirmer. On peut ainsi citer l’exemple de la crise d’adolescence. Finalement, ces limites peuvent donner un but, et, au fond, un sens à une action.

Pour s'en rendre compte, une situation d'absence de limites peut être éloquente. J’aime beaucoup la vision proposée par le clip de « Désenchantée », de Mylène Farmer et Laurent Boutonnat. Imaginez la situation suivante : quelques dizaines de personnes sont regroupées dans un camp de travail forcé, au milieu de nulle part. Les conditions de vie sont dégoûtantes, et les mauvais traitements monnaie courante. C'est alors que se lève le vent de la révolte. Derrière un leader, les prisonniers se rebellent et détruisent tout. Une fois cette destruction effectuée, ils se retrouvent face au vide. Alors leur énergie, leur entrain diminuent énormément : il n'y a plus rien. Rien contre quoi se battre, rien à quoi se raccrocher. Tout est alors à construire, ce qui est bien plus difficile, parce que s’accorder sur un projet est bien moins aisé que se lever ensemble contre une organisation existante.

On peut retrouver ce phénomène dans pratiquement toutes les manifestations et autres grèves qui ont pour but de contester, par exemple : elles permettent de « montrer que l'on existe », aux autres, mais aussi à soi-même, par réflexion (on veut être reconnu). Elles permettent donc d'avoir l'impression de sortir de la masse indéfinie, et de s’affirmer, en se distinguant, en se confrontant à ce qui est différent et qui s'oppose.

Ainsi, on pourrait justifier la présence de limites pour donner envie de les franchir.

Cela n'est pas anodin. En effet, dans ce cas, des limites basses peuvent être fixées, pour permettre une certaine transgression tout en maintenant l'ordre. C'est d’ailleurs probablement le cas de certaines lois, même si leur statut est différent de celui d’une règle morale.

En l'absence de limites, de règles proprement établies, il faudrait sûrement se construire ses propres limites, qui peuvent apparaître sous forme d'objectifs. C'est peut-être, en fait, ce que chacun fait, qu'il admette ou non des bornes extérieures. Au fond, cela fait partie de la personnalité de chaque individu, qui se construit en se fixant à lui-même une ligne de conduite, en s’inspirant ou non des règles communément admises, et en acceptant d’assumer les conséquences de ses choix.

Remarquez que je n’ai pas posé ici la question de la légitimité et de la justice des limites qui sont imposées par d’autres (comme c’est le cas des lois). Question sur laquelle je me pencherai peut-être prochainement.

par Matthieu publié dans : Philosophie communauté : La commune des philosophes
commentaires (0)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Dimanche 23 septembre 2007
À propos de la petite réforme sur l'autonomie des université ("autonomie" financière, de gestion, et de recrutement, possibilité de posséder des biens immobiliers, mais irresponsabilité des CA qui se voient accorder plus de pouvoir ; pour plus de précision, voir le site développé par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Nouvelle université), la ministre Valérie Pécresse a affirmé, selon un dépêche AFP du 23 juillet, qu'elle constituait « le socle d'une vaste réforme de l'enseignement supérieur qui [prendrait] du temps ».
On peut ainsi envisager la démarche suivante pour le quinquennat Sarkozy : comme cela a été fait de 2002 à 2007 au ministère de l'Intérieur, trois ou quatre lois seront passées sur chaque sujet au cours des cinq ans. Une avancée pas à pas. "Pragmatique". L'intérêt évident est de donner l'impression d'agir en permanence pendant 5 ans. Pour quel résultat ? Le danger est d'installer des situations dévastatrices, parce que non cohérentes, comme cette irresponsabilité pour les CA des universités : ce sont les salariés (professeurs et autres personnels) et les étudiants (voir l’article 7 du chapitre 3 de la loi) qui vont diriger l’institution. Sont-ils les plus à même de prendre des décisions d’avenir ? Quelles conséquence pour eux si la qualité de leur université se dégrade à long terme ? Elles ne seront qu’indirectes, puisqu’ils n’y seront plus attachés, ou pourront aller ailleurs. Il en serait autrement si l’université avait des propriétaires : eux auraient intérêt à valoriser l’université sur le long terme, puisque c’est de sa valeur à venir qu’ils pourraient tirer bénéfice lors de la revente éventuelle.

Il se peut cependant que Nicolas Sarkozy suive un cap bien défini (bien que le cap affiché ne me semble que rarement souhaitable), et qu’il avance pas à pas en sachant précisément ce qu’il souhaite atteindre. Pourtant, le résultat risque fort de dépendre du pouvoir d'influence et du rapport de force entre les différents "partenaires" consultés. C'est le problème du pragmatisme : au final, on risque de se retrouver à éviter les sujets qui fâchent, et donc à ne faire que des réformes de surface, qui ne touchent pas aux problèmes de fond.

 

par Matthieu publié dans : Pratique de la réforme communauté : Ouvrez-vous
commentaires (11)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus