Mercredi 30 mai 2007

La biodiversité n’est pas toujours dotée de prix, ce qui conduit les individus à agir par rapport à elle comme si elle était sans valeur. En conséquence, certaines décisions prises ont un impact négatif imprévu sur le bien-être collectif, ou une mauvaise allocation en résulte (destructions ou préventions inutiles de biodiversité).

La nécessité de donner un prix à la biodiversité apparaît donc si l’on souhaite corriger cette éventuelle défaillance du marché en utilisant les mécanismes du marché, par des taxes, par la négociation directe, ou par d’autres moyens. Elle peut aussi être utile à chacun pour évaluer correctement le bien-être apporté par la biodiversité, ou à la Justice pour trancher des conflits autour de cette question.

Je vous propose donc d’étudier les différents types de valeurs que peut revêtir la biodiversité, et de considérer les différentes méthodes qui permettent d’en donner une évaluation monétaire.

 

Cet article est le premier d’une série de cinq.

 

Partie I : Les différents types de valeurs de la biodiversité (1/2)

Dans la théorie néoclassique, la valeur économique des biens et services se base sur l’utilité, le bien-être qu’ils procurent aux individus. On peut décomposer la valeur économique totale d’un actif naturel en différentes composantes.

A. Les valeurs d'usage direct

Les valeurs d’usage direct sont celles des produits extraits du milieu naturel.

On peut citer la production de denrées alimentaires, de bois de feu, de racines, de fruits, d’écorces, de fibres et de résines divers. A ces éléments s’ajoute l’usage de la biodiversité comme pool de ressources génétiques ; elle constitue ainsi une matière première pour les industries pharmaceutique et agro-alimentaire, en particulier. Enfin, un paysage peut constituer un cadre à des activités de loisir (le tourisme, tout spécialement), et a donc aussi une valeur d’usage direct.

B. Les valeurs d'usage indirect

Les valeurs d’usage indirect renvoient aux services fournis par le milieu naturel, aux fonctions écologiques assurées.

Ces services sont, principalement, l’absorption des déchets, la protection des sols, le filtrage de l’eau. On peut ajouter le rôle joué par la biodiversité dans les grands équilibres de la biosphère.

C. La valeur d'option

La valeur d’option reflète une valeur future incertaine de l’actif. Les usages futurs étant incertains, la valeur d’option correspond à la prime de risque payée pour se garantir un plus grand choix de consommation à l’avenir. Il est à noter que cette valeur peut être positive ou négative : la valeur d’option est la différence entre l’évaluation ex ante de la variation future du bien-être (aussi appelée prix d’option) avec l’évaluation ex post (espérance mathématique). Elle est difficile à évaluer étant donné que les agents ne peuvent exprimer que des prix d’option.

Ainsi, en 1964, B. Weisbrod s’appuie sur l’exemple de la création d’un parc naturel : « Il y a des individus qui anticipent d’acheter le bien (de visiter le parc) dans l’avenir mais qui ne l’achèteront pas (qui ne le visiteront pas). Cependant, ils se comportent de façon économiquement rationnelle en acceptant de payer un certain prix pour l’option de consommer le bien dans l’avenir. »

 

Dans le prochain article, je présenterai la valeur de quasi-option, les valeurs d’usage et les valeurs intrinsèques.

 

Retrouvez le texte en une page sur Knol : Valeur monétaire de la Biodiversité.


Par Matthieu - Publié dans : Environnement - Communauté : Ouvrez-vous
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Dimanche 27 mai 2007

Retrouvez cet article sur mon nouveau blog : Homosexualité : mariage et filiation.

Par Matthieu - Publié dans : Famille - Communauté : Ouvrez-vous
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Jeudi 24 mai 2007

Lorsque Nicolas Sarkozy a fait sa proposition de créer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, j’ai été très surpris : je me suis dit que ce n’était pas en allant vers l’extrême droite qu’il allait contenir François Bayrou au centre. Et en même temps, je me disais qu’il n’avait sûrement pas fait cette proposition à la légère. Et bien c’est avec la réaction de Ségolène Royal que j’ai compris.

Pour que Nicolas Sarkozy soit élu, il fallait que Ségolène Royal passe au second tour, et non François Bayrou. Or Ségolène Royal a un discours fort en termes d’identité nationale. Mettre ce sujet au cœur de la campagne, c’était aider cette adversaire préférée, et faire descendre François Bayrou, qui a un discours beaucoup plus modéré, donc moins spectaculaire, sur ce thème. Et ça a marché ! Suite à cette sortie, on a à nouveau beaucoup plus parlé des candidats UMP et PS, moins du candidat UDF, que l’on sentait effectivement moins assuré sur le sujet.

Il s’agissait aussi de mettre en tête des réflexions au moment du vote des sujets sur lesquels un fort clivage droite/gauche existe dans la population. Ainsi, chacun, dans l’isoloir, a pensé à des prises de positions sur lesquels il n’est pas prêt à faire de compromis. Il a donc plutôt voté pour un candidat bien marqué, à droite ou à gauche, plutôt qu’un candidat qui propose de parler avec tout le monde.

Par Matthieu - Publié dans : Présidentielle 2007 - Communauté : Ouvrez-vous
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Lundi 21 mai 2007

« Nous vous rappelons qu’il est interdit de fumer dans l’enceinte de la gare », « Nous vous rappelons que l’étiquetage des bagages est obligatoire », « Veuillez respecter les consignes de sécurité »… Bien sûr, c’est pour notre bien. Bien sûr, cela limite le risque d’accidents, de morts anticipées. Mais cela nuit aussi à notre liberté si l’on n’a pas la possibilité de ne pas respecter la règle proposée, si elle nous est imposée par une organisation monopolistique, qui utilise la contrainte plutôt que le contrat.

Combien de temps perdu dans les contrôles avant d’entrer dans l’avion, comparé au temps de vie gagné par ceux qui ont échappé, par ce moyen, à un détournement d’avion ou à un crash ? En d’autres termes, est-ce que ça en vaut la peine, au moins ?

D’ailleurs, ça gène qui si je ne mets pas ma ceinture de sécurité au volant ? J’ai conscience que c’est pour moi une précaution utile : je juge que cela vaut la peine. Mais si d’autres ont une opinion différente, en quoi gênent-ils les autres s’ils choisissent de prendre ce risque ?

Pour la cigarette, l’approche est différente. C’est un confort dont on prive les fumeurs. Mais laisser la liberté aux établissements d’être fumeurs ou non, quitte à ce que les salariés de ces établissements négocient alors des conditions de travail particulières, était-ce si difficile ? Aux citoyens de se prendre en main ! Certaines associations de lutte contre le tabagisme passif ont entrepris un travail de listage des établissements non fumeurs. Libre à chacun de les choisir : face au succès remporté, d’autres établissements auraient suivi. Pourquoi attendre du Gouvernement qu’il choisisse à notre place ?

Parce que le problème est bien là. La plupart du temps, sur chaque question soulevée, une majorité se dégage en faveur de l’interdiction. Et la minorité subit : les fumeurs n’ont qu’à aller fumer dehors – comme des pestiférés… Personnellement non fumeur, devrais-je rentrer dans le rang, puisque, dans la pratique, cela m’arrange ? Devrais-je applaudir cette mesure de santé publique ? Eh bien non, ce type de mesure me révolte. Parce que petit à petit, c’est notre liberté au quotidien qui diminue. A force de règlements, de lois, de décrets. Et un jour, on se retrouve dans la minorité, et on comprend. Pour que chacun reprenne sa vie en main, il faut qu’il cesse d’accepter que l’on fasse les choses à sa place. Chacun peut avoir une influence sur l’évolution de la société, par ses petits choix quotidiens. Il faut les faire en en ayant conscience !

Ma révolte naît aussi de la conviction que pour éviter d’en arriver au despotisme de la majorité, la démocratie doit prêter une attention toute particulière à ce que les droits des minorités soient respectés. C’est tellement facile de s’appuyer sur une écrasante majorité pour spolier les autres.

Plus globalement, et au-delà de l’exemple de la lutte contre le tabagisme passif, il faut bien se rendre compte qu’un certain nombre de mesures qui visent à assurer notre sécurité réduisent fortement notre liberté. A chaque fois, il est essentiel de bien se poser la question de l’équilibre entre les deux : suis-je prêt à abandonner cette part de liberté pour réduire ce risque ? Chacun aura sa réponse. Et c’est bien pour cela qu’il est toujours préférable, quand c’est possible, d’envisager des solutions alternatives, qui respectent les choix des minoritaires. En tout cas, efforçons-nous toujours de laisser des portes ouvertes : c’est par là qu’arriveront les solutions futures, qui offriront un meilleur rapport sécurité / perte de liberté.

Par Matthieu - Publié dans : Sécurité - Communauté : Le Club des Citoyens
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Jeudi 17 mai 2007

L’UDF et François Bayrou proposent, pour les élections législatives, un « scrutin mixte » (50% des députés élus au scrutin majoritaire, 50% à la proportionnelle ; à comparer aux 20% d’élus à la proportionnelle dans la proposition PS).

Je préfèrerais un scrutin intégralement proportionnel, qui permettrait une représentation authentique de l’opinion politique des Français. Bien sûr, le gouvernement en serait difficile, surtout étant donné la situation actuelle de l'opinion (10% à l’extrême gauche, 30% à gauche, 15% au centre, 30% à droite, 15% à l’extrême droite, environ), mais c'est peut-être ce que les Français attendent : une Assemblée qui les représente vraiment, dans leur large diversité.

A charge ensuite au gouvernement et aux députés eux-mêmes de proposer des lois capables de rassembler une majorité ; ces lois correspondraient alors bien plus fidèlement à l’opinion d’une majorité de Français.

Enfin, comme le suggère Alternative Libérale, ce scrutin proportionnel pourrait être doublé d'un vote préférentiel : "Les électeurs votent pour un parti, et au sein de la liste ils ont la possibilité de voter pour un candidat ou pour plusieurs d’entre eux. Les sièges sont d'abord attribués aux différents partis proportionnellement au nombre de voix qu'ils ont obtenues, avec un seuil minimum (...). Les candidats élus sont pris dans les listes en fonction de leurs scores personnels. (...) [Ce scrutin] favorise une représentation plus variée que celle voulue par l'instance du parti qui a confectionné la liste. Des candidats inconnus de la direction des partis peuvent ainsi percer avec un bon travail de terrain."

Je crois sincèrement que la crise politique, entre autres, que traverse la France peut trouver un début de réponse dans ses institutions, par une meilleure représentation des Français.

François Bayrou, avec le Mouvement Démocrate, a une chance réelle de pouvoir porter ses propositions dans la réalité de la loi assez rapidement, et montre une orientation qui me semble favorable sur ce sujet. Je place donc un certain espoir en lui, et formule le souhait qu’il ose aller plus loin. Cependant, j’espère aussi fortement qu’Alternative Libérale sera de plus en plus entendue, et pourra porter certaines de ses propositions, comme celle-là, jusqu’à leur application.

Par Matthieu - Publié dans : Institutions - Communauté : L'Avis des Eclectiques
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