Il se peut cependant que Nicolas Sarkozy suive un cap bien défini (bien que le cap affiché ne me semble que rarement souhaitable), et qu’il avance pas à pas en sachant précisément ce qu’il souhaite atteindre. Pourtant, le résultat risque fort de dépendre du pouvoir d'influence et du rapport de force entre les différents "partenaires" consultés. C'est le problème du pragmatisme : au final, on risque de se retrouver à éviter les sujets qui fâchent, et donc à ne faire que des réformes de surface, qui ne touchent pas aux problèmes de fond.
Bonjour. Merci à tous pour ce débat particulièrement riche.
Baccelliguido, quel rapport entre indépendance et gratuité ?
En tout cas, l’enseignement a un coût. La question est de savoir qui doit le supporter. Il s’agit ici de l’enseignement supérieur ; il ne me semble pas déraisonnable que l’étudiant porte son coût : à cet âge, il doit être capable d’assumer ses choix. Parmi ses possibilités de financement : le travail, l’emprunt, les bourses d’études, la solidarité familiale, voire plus large.
Sur le droit à vivre, je vous avais déjà exprimé mes réserves sur votre blog. Le « droit à vivre » que vous défendez pose un problème : il est un « droit à vivre aux dépens des autres ». Je défends les valeurs d’entraide, mais j’ai une préférence pour l’entraide volontaire, pas celle qui est basée sur la contrainte.
Par ailleurs, il ne s’agit pas de considérer que l’Homme est bon par nature, mais de lui faire confiance a priori, tout en lui faisant assumer la responsabilité de ses actes. La règle fondamentale consiste à ne pas agresser les autres (leur personne et leur propriété).
Sur « l’altruisme du marché » : il vient son fondement même. Un échange ne se produit que si les deux intervenants estiment y gagner. Le marché ne consiste pas à additionner des volontés (ce que vous supposez lorsque vous écrivez « ne voyant aucun altruisme chez les Hommes, j'ai du mal à l'imaginer dans ce qui en est une émanation »), mais à les faire se rencontrer et s’accorder. Le marché n’est pas une entité qui aurait une volonté propre, mais un simple lieu de rencontre.
Enfin, votre proposition de « désengager l'Etat de l'entreprise "libérale", pour qu'il se concentre, avec ceux qui le veulent, sur un autre mode de fonctionnement associatif » est intéressante. Cela suppose, j’imagine, de ne faire payer des impôts à l’Etat interventionniste qu’à ceux qui choisissent ce mode de fonctionnent ; en bref, de laisser chacun choisir son mode d’organisation. Si tel est le cas, cette proposition est en accord avec les principes libéraux.
Alcodu, je te suis sur toute la ligne… ou presque : tout ce que je demande à la loi concernant les monopoles, c’est qu’elle n’interdise pas la concurrence. Si un monopole apparaît, c’est le risque d’arrivée d’un nouvel entrant qui doit l’empêcher d’ « abuser » de sa position. Pour cela, il est nécessaire qu’il soit facile de créer une entreprise. Les individus sont tout à fait capables d’inventer les moyens de se défendre lorsqu’un réel besoin existe : voir le monde du « libre » face à Microsoft. Et si la société qui a réussi à installer un monopole bénéficie d’une « rente » supplémentaire, c’est sa rémunération pour avoir réussi à conquérir tous les clients.
Pour terminer, merci à Citoyen pour son apport, par l’expérience des hôpitaux : comme je le craignais dans l’article, la prétendue « autonomie » n’est qu’un leurre, tant que le pouvoir central contrôle le financement. Au final, l’autonomie sans la responsabilité des dirigeants est peut-être pire encore que la dépendance de l’Etat.
Bonjour BG,
Vous écrivez « on peut imaginer un pourcentage forfaitaire modique pour la maintenance de tout ce qui concerne les biens publics…routes, canalisations, électricité publique, police, pompiers, enseignement… a moins que vous ne pensiez faire un retour à l’ancien temps des péages, de la sécurité seigneuriale et de l’enseignement religieux. »
C’est à voir. On peut en tout cas s’accorder sur cette solution, puis envisager d’étendre progressivement le domaine de liberté : l’enseignement, par exemple, peut déjà se passer de l’Etat sans être religieux. Tout le reste aussi, théoriquement ; mais peut-être pas si vite : cela pose des problèmes de transition.
Le problème avec la gratuité, c’est que tout a un coût, en réalité. D’où l’idée de ce droit qui s’exerce aux dépens des autres : si je suis incapable de payer, je demande aux autres de payer pour moi, qu’ils le veillent ou non. C’est là que le bât blesse. D’où l’intérêt de réintroduire la liberté de financer ou non un tel système.
Sur « la gratuité de l’enseignement » : en fait, il s’agit de financement par l’Etat. Nous avons donc des « écoles gouvernementales ». Quelle indépendance !
Considérez-vous que l'on a un droit à vivre en naissant avec la possibilité égale de développer des facultés inégales?
Considérez-vous que l'Homme soit naturellement bon pour qu'il n'y ait aucune règle? Car dans le cas contraire, préparez-vous à l'anarchie!
L'homme n'étant pas bon, l'absence de règle risque de créer une situation compliquée, à terme. Particulièrement si l'éducation devient le privilège de quelques-uns, éducation dont le socle doit être la construction du libre arbitre de façon à préparer, à la limite, une dérégulation progressive. Sans libre arbitre + sans règle = anarchie. Pas de construction... sauf peut être la loi du plus fort... situation proche de l'état de nature, sauvage...
Votre vision de la bonté et de la générosité naturelle des Hommes me fascine, cette confiance dans un monde qui deviendrait meilleur sans règle est fantastique...je la crois Utopique!
Cordialement,
BG