Je tiens à apporter mon soutien à Alain Duhamel.
Je ne partage pas son analyse des conséquences de la révélation de sa préférence pour François Bayrou. Il estime que ses propos, tenus lors d’une conférence à Science Po devant des étudiants,
n’auraient pas dus être diffusés.
Que cela ait été rendu public, ce n’est pas choquant en soi : une fois qu’on parle hors d’un cercle très restreint, avec la rapidité et la facilité avec lesquelles l’information circule aujourd’hui, il faut s’attendre à ce que cela finisse par se savoir. En tout cas, il faut savoir que ce « risque » existe.
En revanche, ce qui me choque, c’est que cela implique une suspension – partielle - de ses activités, sur France 2 et RTL. Qu’est-ce que cela veut dire ? Avant, quand on ne savait pas pour qui il allait voter, il pouvait interviewer n’importe qui sans problème. Aujourd’hui, alors que ses idées, ses valeurs et ses qualités de journaliste n’ont absolument pas changé, il faudrait le considérer différemment ?
Il vaut donc mieux conserver ses opinions politiques pour soi, faire l’hypocrite en prétendant être neutre, plutôt que d’afficher ses convictions, qui n’enlèvent absolument rien aux qualités ni à la rigueur professionnelles qui sont les siennes ?
Je ne connais pas en profondeur le « cas Duhamel », et je sais qu’il est l’objet de nombreuses critiques. Mais c’est le lot de tout être médiatique, n’est-ce pas ?
C’est le fond, le principe, contre lequel je veux m’élever. On peut tout à la fois être citoyen et journaliste, on peut tout à la fois avoir une conscience politique et une conscience professionnelle.