Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Samedi 30 juin 2007

Sur quoi les limites morales sont-elles fondées ?

On peut se rendre compte assez facilement du fait que les limites de la morale ne sont pas démontrables. Prenons un exemple assez simple : « Il faut aider une personne qui est dans une grande misère, qui risque d'en mourir ». Cela paraîtra une évidence à certains d'entre vous, et sera sûrement déjà contestable pour d'autres, qui voudront au moins y ajouter des conditions. Je propose de réfléchir au pourquoi de cette affirmation, et de ces sentiments contradictoires – rationnels ou non.

Les adeptes de Kant avanceront probablement l'argument suivant : si l'on se plaçait dans la position de la personne en difficulté, on souhaiterait être aidé, et comme on se doit de faire ce que l'on attend des autres, il faut aider ; ou encore, tout le monde est-il prêt à accepter que l'on n'aide pas une personne en difficulté, cette façon d'agir peut-elle être publique ? Non ? Alors cette pratique n'est pas recevable. Allons donc un peu plus loin : pourquoi doit-on faire ce qu'on attend des autres ? Pourquoi nos comportements doivent-ils être acceptables par tous ?

Face à ces questions, je suis parvenu à la réponse suivante : pour permettre la vie ensemble, dans une certaine sérénité, grâce à la confiance. On pourrait s'arrêter là. Pourtant, n'est-on pas en droit de s'interroger sur cette vie ensemble, et surtout sur cette sérénité ? Elles permettent sûrement un épanouissement intellectuel, et une paix de l'âme, mais ne constituent-t-elles pas une contrainte pour qui voudrait se développer « autrement ». Finalement, elles ne relèvent pas de l'évidence ; ou en tout cas, pas pour tout le monde.

On arrive ainsi facilement à « Chacun ses idées », ce qui dérange, ou, au moins, me dérange, au fond, parce que cela met un terme à la discussion, cela empêche le débat. Alors on ne peut s'empêcher d'essayer encore de trouver, malgré tout, un critère intangible... qui peut en fait toujours être remis en question. Le bien de tous ? Est-ce que cela a du sens ? La sélection naturelle ? Comment prétendre la mettre en place correctement ? Et n'oublions pas que c'est une théorie, même si elle paraît tout à fait acceptable...

Difficile d’arriver à une véritable démonstration. A un moment ou à un autre, on en arrive à des convictions personnelles, issues de sa propre culture, de son éducation : c'est « chacun se débrouille » ou « on est tous sur le même bateau, il faut s'entre-aider ». Il s'agit d'une conviction profonde, et très difficile à changer. Mais pourquoi chercher à la changer ? On peut vouloir faire adopter ses propres principes par les autres, on peut chercher à convaincre. Mais cette adoption ne doit pas se faire par la contrainte, physique ou légale.

par Matthieu publié dans : Philosophie communauté : La commune des philosophes
commentaires (3)    ajouter un commentaire créer un trackback recommander

Articles recommandés ensuite…

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus