Mardi 12 juin 2007

J’ai écrit ces lignes peu avant le premier tour de la présidentielle, pour traduire une impression personnelle sur le climat de cette dernière semaine… Pour rappel, je soutenais François Bayrou, faute de mieux, dans cette campagne.

« A force de concentrer tous les feux sur Nicolas Sarkozy, j’ai peur que l’on contribue à renforcer Ségolène Royal, au premier tour, en créant une dynamique « anti-Sarko ». Elle se pose d’ailleurs déjà en candidate du rassemblement de la gauche et du centre (et de l’extrême gauche ??) au second tour. Et vous aurez sûrement remarqué qu’on ne l’entend plus beaucoup par ailleurs… Elle risque donc d’apparaître naturellement comme la solution anti-Sarkozy, parce que pour une grande partie de la population, voter à gauche est le meilleur moyen de lutter contre la droite. Il faudrait, je pense, remettre en avant à présent ce qui fait qu’il ne faut pas voter pour elle, dont certains éléments sont à l’origine du vote Bayrou à gauche : autoritaire, versatile, interventionniste, et portée par un appareil bien installé dans la connivence entre prétendues élites. Doit-on rappeler, pour résumer symboliquement, qu’elle est énarque ? »

« Si les arguments « anti-Ségo » ne reviennent pas vite sur le devant de la scène médiatique, je crains que l’on se retrouve face au duel tant redouté dimanche soir… »

Par Matthieu - Publié dans : Présidentielle 2007 - Communauté : Ouvrez-vous
Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Jeudi 24 mai 2007

Lorsque Nicolas Sarkozy a fait sa proposition de créer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, j’ai été très surpris : je me suis dit que ce n’était pas en allant vers l’extrême droite qu’il allait contenir François Bayrou au centre. Et en même temps, je me disais qu’il n’avait sûrement pas fait cette proposition à la légère. Et bien c’est avec la réaction de Ségolène Royal que j’ai compris.

Pour que Nicolas Sarkozy soit élu, il fallait que Ségolène Royal passe au second tour, et non François Bayrou. Or Ségolène Royal a un discours fort en termes d’identité nationale. Mettre ce sujet au cœur de la campagne, c’était aider cette adversaire préférée, et faire descendre François Bayrou, qui a un discours beaucoup plus modéré, donc moins spectaculaire, sur ce thème. Et ça a marché ! Suite à cette sortie, on a à nouveau beaucoup plus parlé des candidats UMP et PS, moins du candidat UDF, que l’on sentait effectivement moins assuré sur le sujet.

Il s’agissait aussi de mettre en tête des réflexions au moment du vote des sujets sur lesquels un fort clivage droite/gauche existe dans la population. Ainsi, chacun, dans l’isoloir, a pensé à des prises de positions sur lesquels il n’est pas prêt à faire de compromis. Il a donc plutôt voté pour un candidat bien marqué, à droite ou à gauche, plutôt qu’un candidat qui propose de parler avec tout le monde.

Par Matthieu - Publié dans : Présidentielle 2007 - Communauté : Ouvrez-vous
Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Mercredi 18 avril 2007

Les critiques adressées à François Bayrou  ne sont généralement pas fondées, et montrent juste une mauvaise volonté dans la compréhension de son projet.

Prenons le commentaire de Lionel Jospin, du dimanche 25 mars 2007 : son élection "créerait d'ailleurs sans majorité un véritable problème, une crise politique, et de toute façon, il vient de la droite, il n'y a aucune raison qu'il soit au second tour" (propos rapportés par l'AFP).

C’est fondamentalement incohérent : s’il est effectivement de droite, il aura une majorité (au moins UDF-UMP) ; s’il fait ce qu’il propose (je le vois mal faire autre chose, vu que c’est vraiment le cœur de sa campagne ; cette hypothèse a donc ma préférence), il faut sortir des modèles qui correspondent à la situation traditionnelle de la Ve République.

En effet, l’élection de François Bayrou « créerait une crise politique », elle déstabiliserait le système, et c’est bien normal, puisqu’il propose d’en changer ! Avec l’élection à la proportionnelle de la moitié des députés, la démocratie ne pourra plus fonctionner comme avant : il faudra vraiment écouter les Français, on ne pourra plus faire le Gouvernement d’un parti, qui ne représente jamais plus de 30-35% de la population. On sera donc amené à plus de compromis, ce qui devrait déboucher sur des réformes mieux acceptées, parce que perçues comme plus justes.
Par Matthieu - Publié dans : Présidentielle 2007 - Communauté : Le Club des Citoyens
Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Samedi 14 avril 2007

Retour sur ce qu’aurait pu être une candidature d’Alternative Libérale aux élections présidentielles de 2007.

 

Je me suis engagé fin 2005 dans l'UMP, croyant voir en Nicolas Sarkozy l'espoir d'une ouverture vers une politique vraiment libérale. Au fil des semaines, j'ai réalisé le décalage, qui est venu se confirmer fin novembre 2006, à la lecture du projet législatif : préférence communautaire, droits opposables, timidité des réformes économiques proposées, absence de réelle réforme institutionnelle... Au-delà des discours qui parlent à ceux qui croient en la liberté, la réalité des propositions est bien différente.
Alors je me suis informé sur le monde libéral, et j'ai découvert Alternative Libérale. Après lecture attentive du programme, le choix de mon engagement a été clair.

J'ai traversé de longues semaines de doute, autour de la question suivante : vaut-il mieux défendre le libéralisme dans un parti qui a des chances d'obtenir un pouvoir très important, quitte à être amené à faire des compromis, ou défendre un libéralisme authentique en allant directement au contact des électeurs, et chercher ensuite des alliances avec d'autres partis ?
Après cette réflexion, je suis arrivé à la conclusion que l'UMP est un parti fondamentalement conservateur, et que l'on ne peut pas raisonnablement espérer qu'il devienne libéral. La France a besoin d'un parti conservateur, comme tous les autres pays. Dès lors, puisque le libéralisme s'éloigne très fortement de la doctrine dominante de l'UMP sur certains points (questions de société, relations internationales, organisation de l'Etat),
un parti spécifiquement libéral est nécessaire.
Je sens aussi, dans mes discussions quotidiennes, une attente d'une autre voix, proposant une autre voie, mal définie dans l'esprit des Français, et qui fait cruellement défaut sur la scène politique française. Je crois que le libéralisme mérite d'y être présent directement, et de façon authentique, sans être corrigé et remodelé par les "conservateurs".
Voilà ce qui a justifié mon engagement au sein d'Alternative Libérale.

Concernant spécifiquement la question de l'élection présidentielle, comme je viens de le dire, on ne peut pas vraiment voir en Nicolas Sarkozy un candidat libéral (il s'en défend d'ailleurs lui-même).
A mon sens, l'élection présidentielle, élection d'un homme ou d'une femme à la tête de l'exécutif, devrait être totalement décorréléée de l'élection législative. Alors, Alternative Libérale aurait toute sa place pour défendre ses idées lors d'une campagne législative - idéalement, avec une élection à la proportionnelle, pour permettre justement l'expression de la diversité des idées. L'élection présidentielle serait alors bien plus celle d'un individu, pour ses qualités propres, et ses convictions, mais aussi sa capacité à rassembler, sans qu'il soit forcément issu d'un parti.
Cependant, les choses sont différentes : l'élection présidentielle va impliquer l'élection législative, et, au final, c'est le programme présidentiel qui sera appliqué.
Par ailleurs, le débat auquel la population française est la plus sensible est celui de la campagne présidentielle. Pour faire entendre les idées libérales (non représentées par les autres candidats), AL se devait donc d'être présent.

Mais les maires de France, entre autres élus, en ont décidé autrement.

Par Matthieu - Publié dans : Présidentielle 2007 - Communauté : Les libéraux français
Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander

Mardi 10 avril 2007

Ma décision est prise. Après lecture de son « Projet d’espoir », et même si je dois avouer que l’ensemble de ses propositions est loin de me satisfaire, je voterai pour François Bayrou à la prochaine élection présidentielle.

En effet, selon moi, les propositions précises, concrètes, ne sont pas le cœur de cette élection. Le but est d’élire le prochain Président de la République, pas de donner une image de l’état de l’opinion publique sur différents sujets ponctuels.

Je voterai donc pour celui qui, parmi ceux qui risquent de remporter cette élection, me convient le mieux comme Président.

Selon moi, quatre candidats peuvent, a priori, accéder au second tour : Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, Jean-Marie Le Pen et François Bayrou. Il se trouve que je préfèrerais voir François Bayrou élu, loin devant les autres.

Une des raisons principales de ce choix est la réforme institutionnelle qu’il propose. 50% de députés élus à la proportionnelle, ce n’est que la moitié du chemin à parcourir, mais cela donnera quand même un peu d’air à la démocratie. Et cela devrait permettre, à terme, aux libéraux de pouvoir s’exprimer et d’être représentés de façon autonome à l’Assemblée Nationale.

S’y ajoute la volonté d’accueillir le plus de monde possible dans le gouvernement de la France. Les libéraux devrait y trouver leur place ; bien plus que dans un gouvernement UMP ou un gouvernement socialiste.

 

 

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas pour moi de prendre ma carte à l’UDF (quel que soit son futur nom), mais bien de soutenir un candidat, en raison des circonstances.

Le temps du combat sans compromis pour les idées viendra par la suite. Aux législatives, même si elles seront encore au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Puis aux municipales et surtout aux européennes, ces élections à la proportionnelle, où l’on peut exprimer sa nuance politique authentiquement et sans effet pervers.

Par Matthieu - Publié dans : Présidentielle 2007 - Communauté : L'Avis des Eclectiques
Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire - Recommander
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus